Visite du Père Général à la Région jésuite du Rwanda-Burundi

mercredi 29 juillet 2009

Allocution du Père Général Congrès de l’Union Mondiale des Anciens élèves (Bujumbura le 26 juillet 2009)

Chers amis,

C'est pour moi un grand plaisir de me trouver aujourd'hui parmi vous, anciens élèves des collèges d'Afrique et des autres continents ainsi que parmi vous, chers compagnons jésuites chargés d'accompagner les anciens élèves.

C'est aussi pour moi une joie profonde de me trouver pour la seconde fois en Afrique aujourd'hui à Bujumbura et je saisis cette occasion pour remercier tous ceux qui ont organisé ce Congrès et qui nous accueillent ici au Burundi.

Pour le Supérieur Général de la Compagnie de Jésus c'est une joie toute particulière de rencontrer des anciens élèves représentant les collèges jésuites du monde entier, car une telle assemblée témoigne de cet engagement considérable de la Compagnie dans le champ de l'éducation, et de ses institutions scolaires. Votre groupe, par son internationalité, fournit un échantillon significatif de cette universalité que revendique et met en pratique la Compagnie de Jésus dans sa mission éducative. Votre assemblée manifeste que vous désirez prolonger l’universalité d’une tradition pédagogique dans un service qui soit service pour l’humanité entière.

L’Union mondiale des Anciens élèves des collèges jésuites a voulu, non seulement tenir ses assises sur le sol africain, mais aussi donner au Congrès une orientation de « service de l’Afrique ». Et cette orientation correspond au choix de la Compagnie de Jésus qui, depuis 2003, compte l’Afrique parmi ses cinq priorités ou préférences apostoliques.

Le programme de votre Congrès met au centre de vos réflexions cette triple question inspirée des Exercices Spirituels de saint Ignace :

Anciens élèves des collèges jésuites,pour une meilleure Afrique,
Qu'avons-nous fait ?
Que faisons-nous ?
Que devons-nous faire ?

Je souhaite que vous parveniez à répondre à ces questions avec objectivité et avec élan.
Je souhaite que votre contribution soit dynamisante pour tous les Anciens d’Afrique et du monde.
Je souhaite que les positions et les engagements de votre Congrès soient également une interpellation pour les jésuites eux-mêmes.

Nous savons qu’il existe en Afrique une richesse humaine, culturelle, linguistique, religieuse fascinantes. L'approche chrétienne et, en son sein, l'approche ignatienne, consiste à accueillir cette diversité pour mieux la connaître, la respecter et la promouvoir au service de tous.

Nos collèges d'Afrique accueillent d'ailleurs largement cette grande diversité et la visée de la pédagogie ignatienne inclut la volonté d'honorer cette diversité culturelle et religieuse. Pour avoir déjà visité deux collèges, au Nigéria notamment, j'ai pu constater que de nombreux élèves et professeurs y sont membres de différentes religions ou de diverses confessions chrétiennes. C’est en effet une expérience que j’ai faite au Japon où nous avons des institutions jésuites dont 20 % des professeurs et seulement 1% des élèves étaient chrétiens. Il n'y a pas de contradiction à faire de nos institutions jésuites des lieux de collaboration interreligieuse. Nous avons tout lieu de penser au contraire que si des jeunes de différentes cultures et religions se côtoient dès le plus jeune âge du collège, ils ne pourront pas ensuite se sentir agressés par cette diversité; ils auront acquis des attitudes d’attention, d’écoute, de convivialité, de respect et de collaboration.

Cette visée universelle de la mission chrétienne a d’ailleurs été rappelée récemment aux jésuites par le Pape Benoît XVI dans son message adressé le 21 février 2008 à la Congrégation générale : « Aujourd’hui, déclarait-il, les nouveaux peuples qui ne connaissent pas le Seigneur ou qui le connaissent mal de sorte qu’ils ne savent pas le reconnaître comme le Seigneur sont loin, mais ils le sont moins géographiquement que culturellement. Aujourd’hui les obstacles qui défient les messagers de l’Evangile ne sont ni les océans ni les grandes distances mais plutôt ces frontières qui en raison d’une vision erronée ou superficielle de Dieu et de la personne humaine, viennent s’interposer entre la foi et le savoir humain, la foi et la science moderne, la foi et l’engagement pour la justice.» Les rencontres que j’ai eu avec le St Père m’ont manifeste que le constat de la distance croissant  entre la culture moderne et les valeurs chrétiennes était une de se grandes préoccupations.

De cet appel du Saint Père, je voudrais souligner l’appel à nous risquer au-delà des frontières visibles de l'Eglise. De nos jours, outre les frontières géographiques, ce sont toutes sortes de frontières qu'il nous faut franchir, non seulement pour rejoindre des populations avec lesquelles nous sommes encore sans relation, mais pour surmonter toutes les limitations naturelles dans lesquelles nous sommes toujours menacés de nous cantonner, faute d'ouverture aux changements du monde ou de prise en compte de sa diversité.

Pour agir à l’échelle du monde, il ne suffit pas de franchir des frontières ; il faut encore créer patiemment divers styles de collaboration. Cette collaboration, déjà souhaitée par le Père Kolvenbach pourrait s'exprimer ainsi : « S'il est vrai que l'idéal d'une bonne éducation se situe dans le fait que devenus adultes responsables, vous n'avez plus besoin de nous la Compagnie de Jésus vous fait savoir qu'elle a besoin de vous, qu'elle espère pouvoir s'appuyer sur votre collaboration dans son engagement apostolique qui vise à améliorer la société des hommes, en particulier par la promotion des petits et des faibles dans un esprit d'humanisme chrétien. Car la Compagnie de Jésus a pris conscience qu'elle ne pouvait travailler seule. Elle ne peut travailler efficacement à l'avènement d'un monde plus juste, sans œuvrer en collaboration avec d'autres, notamment en collaboration avec vous, nos anciens élèves. Mais nous savons qu’une collaboration dans la diversité ne s'improvise pas. Elle réclame, chez les partenaires, une disposition favorable et une formation sérieuse. Les jésuites eux-mêmes ont à se former à ce travail en collaboration, et ils ont le devoir de proposer à leurs anciens élèves des formations : aider à actualiser la formation initiale reçue dans les collèges pour affronter les défis toujours nouveaux du monde tel qu’il évolue, pour le bien de nos contemporains.

Comment cette collaboration entre Anciens élèves et jésuites se vit-elle aujourd’hui ? Comment pourrait-elle se développer à l’avenir ? Notamment dans la perspective d’un cheminement à faire en commun avec et pour l’Afrique ? Comment nous y former, chacun et ensemble ? Quelle pourrait être notre première réalisation d’avant-garde ? Je n’ai pas de réponse à ces questions ; mais votre Congrès peut certainement esquisser un projet concret.

Il y a quelques années vous avez créé la Fondation Arrupe, alimentée par le dollar Arrupe ; cette Fondation est aujourd’hui encore une réponse de votre Fédération à des besoins de grande envergure. Quel sera le prochain pas dans ce mode d’engagement ? Aujourd’hui, parmi les multiples défis que nous devons relever dans le monde d’aujourd’hui me semblent pouvoir s’exprimer en termes de « contrats » :
Le premier contrat est un « contrat social »qui implique de travailler à la justice pour tous.
Le deuxième est un « contrat culturel » qui vise à l’éducation pour tous
Le troisième est le « contrat naturel » : Donner à chacun de vivre dans un environnement sain.
Et le quatrième défi repose sur le « contrat éthique » : Comment offrir la possibilité d’une vie sensée pour sous.

Les défis d’un engagement de portée continentale et universelle tout comme les défis de la collaboration, ont évidemment leurs exigences. Si je me réfère aux approches analogues à l’intérieur de la Compagnie de Jésus, je crois pouvoir attirer votre attention, en toute fraternité, sur certaines de ces exigences, pour que vous en teniez compte au moment opportun.

La première exigence est intérieure à chacun de nous: l’attachement à des valeurs et à des manières de procéder, telles qu’elles ont été acquises à travers l’éducation jésuite. Nous nous rappelons tous la formule dont s’est servi fréquemment le Père Pedro Arrupe « des hommes et des femmes pour les autres ». complétée par le P. Kolvenbach « des hommes et des femmes pour et avec les autres »L ’éducation jésuite n’est pas un label qui ouvre à des privilèges; elle est une référence qui ne peut être utilisée en vérité si l’on n’est pas d’abord et en toute circonstance des personnes de service, des hommes et des femmes disponibles pour des engagements de gratuité. Certes on rencontre partout et dans tous les secteurs professionnels des anciens et des anciennes élèves remarquables qui ont réellement fait fructifier leur éducation dans un esprit d'humanisme chrétien et même de générosité évangélique mais vos associations les attirent-ils suffisamment ?
Je souhaiterais aussi que vous rendiez vos associations plus attrayantes aux jeunes générations pour qu'elles puissent profiter de leur dynamisme. Cela suppose bien sûr que cela soit entrepris d'abord au niveau local pour en faire bénéficier ensuite vos instances nationales ou internationales. Ce souci gagnerait à être partagé par l'ensemble des équipes éducatives des établissements scolaires.
Je rêve d’une synergie entre Anciens élèves et Jésuites pour que cet esprit prenne une forme visible sur le sol africain, avec le concours des autres continents.

La deuxième exigence est du domaine des structures: si la Compagnie de Jésus est occupée à modifier certaines de ses structures en vue d’assurer une vitalité nouvelle dans sa mission apostolique dans l’Eglise, il n’est peut-être pas inutile de se demander si l’Union mondiale des Anciens élèves possède les structures adaptées à une action d’efficace collaboration dans la ligne de ce que j’ai évoqué plus haut. Certains de vos responsables m’ont dit que plusieurs Associations se dévitalisent sous la houlette de Présidents trop longtemps maintenus dans leur fonction ; que la collaboration entre Associations dans des fédérations ou confédérations laissait à désirer. Mais, en même temps, ces responsables m’ont interpellé en souhaitant que la Compagnie de Jésus propose aux Associations d’Anciens élèves des conseillers spirituels disponibles, actifs, créatifs, et que l’on définisse de manière nouvelle le style de collaboration entre Anciens élèves et Œuvres jésuites. Vous êtes interpellés ; nous jésuites sommes interpellés. C'est à cette condition que nous mettrons en pratique le souhait exprimé par la dernière C.G « animer des réseaux de soutien mutuel et favoriser des formes nouvelles et plus étroites de collaboration. Pour ce faire ,il faut chercher comment la Comapagnie peut soutenir, accompagner localement, régionalement et nationalement les différentes association autonomes d'inspiration ignatienne » D.6 n°29. Nous devons nous décider à faire un pas en avant pour une collaboration de qualité, efficace et durable. Mais cela Réclame un respect des diversités de chaque continent et même de chaque pays à l'intérieur d'un même continent. Venant de l’Asie, je constate les différences profondes qui existent entre Asie et Europe, USA et Amérique latine. Certes les communications sont rendues aujourd’hui beaucoup plus faciles par les moyens modernes de communication mais l’usage de ces moyens doit être assorti d’un triple souci. D’abord le souci d’aller en profondeur. Ce qui manque souvent dans l’usage de ces nouveaux moyens c’est cette profondeur. Or nous devons aller en profondeur. Nous devons aussi faire preuve de créativité. On ne peut se satisfaire avec des veilles recettes. Enfin, notre usage de ces moyens doivent être l’expression de la « vie de l’Esprit ». Sans cette dimension « spirituelle »nous pouvons être efficace mais nous perdons le « cœur » de ce qui fait notre travail.

Certains ont souhaité que la volonté de renouvellement soit manifestée par le changement de dénomination. Pour eux parler d’ « Association d’anciens élèves » entretient une vision passéiste de ces associations qui dissuade les jeunes générations notamment de rejoindre leurs aînés. Une suggestion a été faite de passer à la dénomination d’: « anciens élèves et amis de la Compagnie de Jésus ». Il ne m’appartient pas de prendre position là-dessus. C’est à vous de le faire. Je voudrais seulement appuyer la volonté d’être actif, créatif, et coopératif ; d’inclure toutes les forces vives qui ont bénéficié de la tradition éducative ignacienne. Comme disent les américains « we have to sell our product ». Si notre produit ne se vend pas il ne faut pas hésiter à changer la marque.

Chers amis,

Ma rencontre avec vous est brève; mais les contacts que je peux avoir avec vous se veulent témoignage d’un élan qui émerge des communautés jésuites et de leurs œuvres éducatives et qui trouve sa source dans la mission de Jésus Christ. Vous aurez certainement le souci de me communiquer rapidement le rapport de vos travaux, et les perspectives d’action qui s’en dégageront. Je puis vous assurer que la Compagnie de Jésus se laissera interpeller par l’Union mondiale des Anciens élèves, non pas pour prendre des initiatives solitaires, mais pour chercher avec vous comment agir en collaboration. J'ai déjà entendu parler des fortes attentes qui se sont exprimées dans votre congrès pour une contribution de la Compagnie au niveau de l'enseignement supérieur. Il y a manifestement de grandes attentes en ce domaine dans votre région. La Compagnie est ouverte à la réflexion que vous avez engagée. Que cette réflexion se fasse en collaboration avec ses responsables. Je peux vous assurer que la Compagnie de Jésus se laissera interpeller par l'Union mondiale des anciens élèves non pas pour prendre des initiatives solitaires mais pour chercher avec vous comment agir en collaboration. Je vous redis ma conviction profonde : le Seigneur est à l’œuvre dans vos assises ; Il veut susciter de nouvelles responsabilités pour répondre à des besoins du continent africain et de l’Eglise universelle. Il veut susciter à cet effet de nouvelles collaborations.

Je prie Dieu de bénir vos travaux et tout ce qui en découlera. Je vous remercie.

A.R.N.P. Adolfo Nicolás S.J.
Supérieur Général de la Compagnie de Jésus.

 

 

Réunion du Père Général avec tous les jésuites présents à Kigali

Le mercredi 29 juillet 2009 à 10,30 heures, le Père Adolfo Nicolas se trouvait au Centre Christus de Kigali avec tous les jésuites présents à Kigali ce jour là. Outre les scolastiques, avec qui il s’était réuni en début de journée, il y avait les cinq prêtres de la communauté Christus, et les deux prêtres de Butare ; de plus le Père Daniel Sonveaux, Provincial de Belgique Sud, le Père Sylvain Carriou Charton de Paris, et le Scolastique français Dominique Degoul, de passage au Rwanda, s’étaient joints aux membres de la RWB.

Le Père Augustin Karekezi invita le Père Général à prendre le premier la parole, puis à accepter un échange de questions réponses.

Comment le Père Nicolas voit-il la Compagnie de Jésus actuellement ?
*** La santé spirituelle d’ensemble est bonne ; il y a partout dans le monde des jésuites qui sont de vrais spirituels, fidèles, compatissants, pleins de zèle apostolique ; il y a des exceptions mais elles ne modifient pas l’impression globale.

*** En apostolat, il est bon de noter une réelle créativité, qui se manifeste notamment par des écoles Christo Re aux Etats-Unis, le réseau Fe y Alegria en Amérique latin, les community Colleges en Inde, partout une approche des plus pauvres et défavorisés. Parmi les cinq priorité apostolique confirmée par la 35ème Congrégation Générale, les engagements sont généralement bons. Une préoccupation : l’apostolat paroissial est appelé à subir des transformations, en lien avec l’Eglise.

*** Des questions restent ouvertes p.ex. quelle est la profondeur de la « vie pauvre » des jésuites ? comment vit-on le sentire cum ecclesia ? est-ce que tous les jésuites conçoivent de la même façon la collaboration avec les laïcs ?

*** Il y a une préoccupation majeure : la formation des jeunes compagnons. La démographie de la Compagnie change ; on doit préparer l’avenir avec profondeur, créativité, participation à la vie changeante de l’Eglise. Un indicateur est à l’étude : les critères de discernement pour les derniers vœux. Surtout il faut préparer des formateurs : l’Inde propose la création d’un Centre pour les Assistances d’Asie (former les Maîtres des novices, les Accompagnateurs spirituels). On cherche à préparer des jésuites qui auront acquis une profondeur théologique, philosophique, spirituelles, scientifique. Et le faire avec humilité. On cherche à faire cheminer chacun vers une réelle maturité psychologique et spirituelle, vers une intégration de toute leur personnalité.

*** Pour ce qui concerne le gouvernement, les orientations de la 35ème Congrégation Générale sont claires ; elles sont peu connues ; mais elles vont entraîner des changements. Le niveau des Modérateurs d’Assistance est encore fluide et ambigu mais peu à peu se développera une forme de réflexion, et une délégation de pouvoirs qui sera bénéfique aux Provinces et au gouvernement central.

*** La vie communautaire n’a pas encore trouvé toute sa densité ; nous devons arriver à lui donner une vitalité nouvelle : la communauté comme mission, la communauté ouverte aux laïcs, non pour de simples relations d’amitié, mais pour partager notre discernement sur les questions importantes.

*** Les relations avec le Saint Siège sont bonnes. Il y a toujours des « cas » soumis à l’attention de la Congrégation de la Foi ; c’est normal quand on travaille aux frontières ; une question de théologie ou de pastorale doit pouvoir être exprimée dans trois langages différents (celui d’au-delà des frontières ; celui des communautés chrétienne en situation de frontières, et celui de l’église universelle).

*** Les défis essentiels ne nous sont pas particuliers ; ce sont ceux des sociétés humaines et des églises ; à nous de les affronter en nous appuyant sur des bases solides pour servir l’église.

Après ce tour d’horizon sur la Compagnie universelle, quelques questions furent posées :
°/° une sur la nécessité d’équilibrer le travail par du repos et des activités ouvertes à l’art et à la réflexion.
°/° une sur l’expérience vécue par le Père Général et ses Assistants qui ont commencé l’année par une retraite commune, avec partages spirituels, et expression de vies personnelles.
°/° une sur la pratique de la Compagnie en matière d’assurances maladie.
°/° une sur la nécessité de donner de la souplesse aux textes légaux de la Compagnie afin d’agir avec une suffisante liberté dans les changements actuels du monde.
°/° enfin une sur la description d’une journée type du Père Général à Rome : prières, affaires, dialogues, visites, courrier, détentes.

Le Père Augustin Karekezi a remercié le Père Général et l’assistance pour l’entretien qui s’achevait, et pour toute la visite du Supérieur Général au Rwanda. Après une brève prière, il a invité le Père Adolfo Nicolas et tous les jésuites à se rendre au mémorial des martyrs du génocide pour un temps de recueillement, de prière, et un dépôt de fleurs.

Suivirent : apéritif et repas à Christus, bref repos à Kimironko, et départ vers l’aéroport peu après 14 heures.
J.C.Michel,s.j.

 

 

Rencontre des scholastiques avec le P. Adolfo Nicolás, Supérieur général et son Assistant pour l’Afrique, le Père Jean-Roger Ndombi

La réunion a commencé à 8h30 du matin par une prière animée par le Père Régional. Aloys Mahwa, coordinateur de la réunion, donna la bienvenue au Père Général et son Assistant, puis il présenta les scholastiques présents par leur lieu de résidence et leurs activités et enfin il invita le Père Général à nous présenter ses impressions générales sur la Compagnie.
Selon le Père Général,
§ Nous vivions aujourd’hui dans un monde marqué par des changements rapides.
§ Toutes les sociétés sont aujourd’hui caractérisées sans distinction par un pluralisme de pensées et de cultures
§ Il en suit que notre travail et notre ministère apostolique devienne plus difficile et complexe.
§ La conception que le jésuite est « un homme à tout faire » ne tient plus. Notre travail, même le travail pastoral, est devenu très complexe et nécessite une adaptation spéciale
§ Pour répondre à ce défit, tout jésuite doit développer et perfectionner trois dimensions fondamentales, à savoir :
§ (i) La profondeur
§ Le danger aujourd’hui est de se laisser emporter par la superficialité des choses
§ Tout jésuite d’aujourd’hui a besoin d’aller en profondeur des choses et des événements
§ Ceci est un appel à prendre les études au sérieux et ne jamais étudier « pour des points »
§ Il faut maintenir le désir du savoir davantage et ne jamais être satisfait ou complaisant pour avoir réussi les examens.
§ On devrait seulement être satisfait par ce que l’on a réaliser soi-même et jamais par l’admiration de ce qui a été réalisé par les autres.
§ Il faut étudier et travailler selon l’esprit de l’adage « be good at something  and the world will need you »
§ Aujourd’hui, la Compagnie a besoin des hommes qui excellent et maîtrisent un domaine particulier de notre mission, que se soit dans le domaine de la pastoral, la liturgie, animation des retraite, enseignement de la théologie et de la philosophie, etc.
§ La Curie généralice est en train d’établir la liste des hommes capables dans chaque domaine de notre mission pour faire appel à eux en cas de nécessité
§ (ii) Créativité et esprit flexible
§ Le danger aujourd’hui est de perdre l’esprit créatif et le sens de l’imagination
§ Cette dimension de notre vie devient nécessaire pour faire face aux changements actuels et à la diversité de notre société.
§ La créativité nécessite que l’on ait plusieurs manières de comprendre et d’interpréter le monde
§ La créativité est l’essence de notre ministère
§ La créativité nous permet d’aborder les problèmes actuels avec un sens critique et d’y apporter des nouvelles solutions.
§ Pour acquérir ce sens critique, il faut peut-être faire référence à l’humanisme classique qui est tout à fait différent du système éducatif et d’une vision du monde bornés que nous propose la rationalité capitaliste
§ (iii) La vie dans l’Esprit
§ Sans une vie spirituelle, notre profondeur et notre créativité resteraient stériles
§ Saint Ignace y a toujours insisté quand il parle de la familiarité avec Dieu.
§ Le Saint Père y revient quand il décrit un bon jésuite comme celui qui pousse loin ses études et garde en même temps la vie dans l’Esprit.
§ L’Eglise a besoin des hommes de ce calibre, et aujourd’hui elle croit que la Compagnie peu en offrir. D’où, nous avons un grand défi à relever aux yeux de tout le monde.

§ Le « feu qui en engendre d’autres » de la 35ème Congrégation suppose ces trois dimensions qui doivent déterminer notre vie en tant que jésuite
§ Ces trois dimensions nous épargne l’actuelle maladie du « copier/coller », le syndrome de la génération actuelle tentée de se contenter de l’information disponible sur l’Internet et rendue visible par Google
§ Ceci n’est réalisable qu’à travers la vie de prière
§ Il faut réserver à la prière sa vraie place au lieu de la considérer comme un comble-vide dans le temps dédié au travail et à l’apostolat.
§ La prière devrait figurer dans la rubrique du ludique et de la relaxation plutôt que dans celle du travail et du devoir à accomplir
§ Ainsi prier devient loisir et rénovatrice de la personne au lieu d’être un fardeau à porter et qui nous empêche à mener une vie heureuse.

Après l’intervention du Père Général suivit une séance de questions auxquelles le Père Général répondit d’une façon spontanée et très satisfaisante.

Le Père a terminé la réunion en remerciant les scolastiques pour le partage sincère en ce qui a été dit explicitement et surtout en ce qui a été perçue dans la « music » de fond qui accompagnait toutes les interventions et échanges. La réunion a été clôturée à 10h10 par la bénédiction du Père Général.

 

 

Mardi 28 juillet 2009, réunion du Père Général avec les groupes ignatiens

Dans la soirée du mardi, après avoir rendu visite à Monseigneur l’Archevêque de Kigali, le Père Général s’est rendu au Centre Urumuri. Les « groupes ignatiens » l’y attendaient. Une centaine de personnes représentant notamment les Anciens élèves, les Missionnaires d’Afrique, les demoiselles du Cœur de Marie, les Religieuses Benebikira et Auxiliatrices, les CVX, la chorale Il est vivant, le JRS et le Mouvement marial.
Après de brèves présentations réciproques, faites par le Père Augustin Karekezi, le Père Adolfo Nicolas a introduit les échanges de la soirée en parlant de collaboration. Souvent on parle des Jésuites en citant des saints renommés ; mais on oublie que ces religieux n’auraient rien fait sans de très nombreuses collaborations. Dans notre monder complexe où il y a des forces que nous ne contrôlons pas, et des défis qui dépassent nos possibilité »s d’action, seule la collaboration permet d’avancer dans une mission apostolique. Les jésuites ne font pas exception. Le Père Général a dit qu’il était content de se retrouver à beaucoup de collaborateurs : ceux ui ont le même esprit que nous, collaborent avec nous ; avec ceux qui ont plus d’esprit que nous, les jésuites sont prêts à collaborer.
L’assistance fut invitée à poser des questions.
** Les Anciens élèves des jésuites avaient préparé toute une allocution et de beaux témoignages, se terminant par des appels adressés à la Compagnie pour promouvoir l’enseignement supérieur, pour étancher la soif du spirituel, et pour apprécier les travaux du dernier Congrès mondial de Bujumbura.
** Le Père Général a préféré ne pas donner d’appréciation d’ensemble sur un Congrès auquel il n’a participé que partiellement et dont il n’a pas encore reçu les conclusions ; mais il a rappelé que la Compagnie était certainement « ouverte » à une collaboration pour le développement de l’éducation qui est la clé de tout développement ; il souhaite que des études soient faites sur les besoins en formation universitaire en Afrique centrale, sur les formes qui conviendraient le mieux, et qu’ensuite on cherche ensemble la manière de collaborer, en sachant que rien ne se décide à Rome sans que les décisions soient préparées au niveau local.
Un intervenant demanda si la Compagnie de Jésus avait un « plan d’action » spécifique pour le Rwanda.
** Le Père Nicolas s’est tourné vers le Père Karekezi, et a demandé à son interlocuteur de reposer sa question aux responsables de la Région Rwanda Burundi. Il ajoutait : les jésuites de Rome ne font pas de mini management ; ils oeuvrent dans un esprit de subsidiarité ; toute la dynamique de l’apostolat de la Compagnie de Jésus se trouve entre les mains des communautés locales de Jésuites.
Un membre de la Communauté de Vie Chrétienne a rappelé qu’à Fatima, lors de l’Assemblée mondiale de la CVX en 2008, le Père Nicolas avait encouragé la CVX a devenir une « communauté prophétique. D’où la question : pouvez-vous nous donner quelques précisions sur la manière de devenir une telle communauté prophétique ?
** Le Père Général a remercié de la question, et s’excusa de ne pouvoir y répondre largement. Il rappela certaines suggestions faites à Fatima. Le prophète est une personne qui voit la réalité dans sa vérité selon Dieu, et non pas sous l’influence d’idéologies ou d’intérêts particuliers ; il voit la réalité comme Dieu la voit. Ensuite le prophète est celui qui réagit, voyant les possibilités de croissance en humanité qui sont dans cette réalité, se mettant à œuvrer pour que se développe la vraie vie pour tous et en tous. Et comme les défis sont de plus en plus complexes à l’échelle du monde, le prophète ne peut que travailler avec d’autres, au cœur d’une communauté.
Un Ancien élève du collège de Bukavu a exprimé sa préoccupation devant la faible croissance numérique des communautés jésuites ; il s’inquiète de l’avenir de ses enfants ; et il demande si la Compagnie de Jésus a une politique de « renouvellement des cadres ».
** Le Supérieur Général a proposé deux considérations qui éclairent ce que certains appellent la crise des vocations à la vie religieuse et sacerdotale :
Primo : dans l’histoire, il y eut des « changements démographiques », p.ex. les chrétientés de Turquie et d’Afrique du Nord qui furent florissantes disparurent à un moment donné ; aujourd’hui il y a des changements démographiques dans la Compagnie de Jésus : elle diminue en certains continents ; elle augmente en Asie et en Afrique. La vocation est un appel de Dieu ; elle se situe toujours dans un contexte de chrétienté.
Secundo : les familles ont un grand rôle à jouer dans la promotion des vocations ; il y eut un temps en Europe où les familles étaient honorées d’avoir un prêtre ou un religieux parmi leurs membres ; aujourd’hui les familles d’une société sécularisée réagissent plutôt négativement. C’est la vie chrétienne, c’est l’appréciation des valeurs de Jésus qui sont le terreau où les appels de Dieu sont le mieux perçus. Il ne s’agit pas seulement de la force d’attraction d’un Ordre religieux.
Une dernière question fut posée par un représentant du Jesuit Refugee Service : rappelant l’importance du service auprès des réfugiés et déplacés, les plus pauvres des pauvres, et signalant la très faible présence de Jésuites dans certains secteurs du JRS (p.ex. au Rwanda, actuellement, il n’y a pas un seul jésuite dans les deux projets de Byumba et Kibuye, l’intervenant demandait si le service des réfugiés était toujours une priorité pour la Compagnie de Jésus.
** Le Père Nicolas répondit en affirmant que le service des réfugiés et migrants est une priorité dans les activités de la Compagnie de Jésus, rappelée encore récemment par le 35ème Congrégation Générale. Dans les faits, le JRS a été et reste un service « en collaboration » avec de multiples intervenants ; le nombre de jésuites n’a sans doute pas diminué au cours des dernières années, mais c’est le nombre des déplacés forcés qui a augmenté, sans que l’on n’ait pu affecter un Jésuite dans chacun des projets lancés pour répondre aux urgences.

Au terme de la rencontre, les Anciens élèves et les CVX ont tenu à offrir au Père Adolfo Nicolas un souvenir du Rwanda : une peinture représentant une mère qui donne le sein à son enfant ; et une étoffe représentant une carte du Rwanda. Le Père Nicolas a remercié ; il affirmait en conclusion : l’espoir qui naît de l’Afrique est plus fort que bien d’autres espoirs, car il est enraciné dans la souffrance. Il y eut une prière. Des photos furent prises.
J.C.Michel,s.j.

 

 

Visite du Père Général au Noviciat de Cyangugu

En ce jour du 27 juillet 2009, à Cyangugu, la matinée avait été brumeuse et le soleil n’était pas dans les espoirs de la journée. Et pourtant, vers 13h, une lumière timide baignait le beau paysage du noviciat Notre Dame de la Route, offrant un beau panorama sur le lac Kivu.
C’est à ce moment propice à la contemplation et à l’élévation de l’esprit que le noviciat fut honoré par la présence du Très Révérend Père Préposé Général de la Compagnie de Jésus, Adolfo NICOLAS, SJ, accompagné de son Assistant pour l’Afrique, P. Jean-Roger NDOMBI, SJ, du P. Régional de la RWB, Augustin KAREKEZI, SJ, du P. Socius du Provincial de la PAC et du P. Augustin KALUBI, SJ. Le P. Maître et Supérieur de communauté, P. Tite MUTEMANGANDO, SJ était allé attendre les hôtes à la frontière burundo-rwandaise de Luhwa, car le Père Général venait de Bujumbura où il avait participé au Congrès mondial des Anciens élèves des jésuites.
Arrivé, le P. Général a eu juste un petit moment pour saluer les novices et les autres formateurs qui l’attendaient avec amour, joie et affection. Il a ensuite eu un entretien avec la communauté et tous les hôtes présents. Ledit entretien se déroula en deux grands moments. Premièrement, le P. Général s’adressa aux novices, rappelant les grandes lignes d’un noviciat jésuite, notamment être réel et se donner à Dieu dans la générosité qui se manifeste dans l’ouverture du cœur au P. Maître afin de se faire aider. C’est également l’apprentissage du discernement des esprits, qui ne peut aller qu’avec l’écoute de l’Esprit et la connaissance de soi. Le deuxième moment fut celui des questions des novices. Elles concernaient la vie de la Compagnie de Jésus en général, mais aussi certaines touchaient la vie jésuite du P. Général. Il répondit à toutes ces questions avec ouverture et humour, revenant constamment à la profondeur qui doit caractériser tout jésuite, vécue dans la créativité, vu la vitesse à laquelle le monde change.
Quand les novices eurent fini de poser leurs questions, le P. Martin MUDENDELI, SJ, responsable du Centre éducatif Mizero eut quelques minutes pour présenter les réalisations du Centre dont il a la charge, signalant le soutien particulier reçu du P. Peter Hans KOLVENBACH, SJ, prédécesseur du P. Adolfo NICOLAS, SJ.
La présentation du P. M. MUDENDELI, SJ clôtura l’entretien qui dura à peu près une heure quinze minutes et ouvrit un autre moment non moins important, du partage fraternel du pain quotidien. Le repas terminé, le Père Maître invita la communauté et les hôtes à faire une visite au Saint-Sacrement, avant de prendre une photo de famille devant l’image de la « Madona de la Strada », patronne du noviciat. Ce fut l’occasion aussi pour le Père Général de saluer les ouvriers qui encadrent la vie du noviciat.
La séance photo terminée, le P. Général fit une rapide visite d’ensemble du noviciat et de Mizero, avant d’être conduit à la frontière du Congo où il tenait à visiter les communautés et œuvres jésuites de Bukavu avant de revenir au Rwanda et de visiter Kigali

 

 

Le mardi 28 juillet, réunion du Père Général avec les enseignants et quelques parents de l’école primaire Saint Ignace de Kibagabaga

Après avoir été accueilli par la direction, avoir salué les enseignants et parents présents, et avoir admiré les danses des enfants, le Père Adolfo Nicolas a fait un rapide tour de l’école, s’est recueilli à la chapelle, et fut reçu dans la salle de l’équipe éducative. C’était vers 15,45 heures.

Le Père Augustin Karekezi a présenté la jeune école et ses enseignants ; il a présenté le Père Général et son Assistant ; et il a aussitôt invité les éducateurs à poser des questions afin d’orienter l’intervention du Père Nicolas.
Trois questions furent posées : l’une sur ce qu’on doit entendre par collaboration des laïcs à la mission de la Compagnie de Jésus ; l’autre sur les particularités de l’éducation jésuite dans une société marquée par un génocide et dans un monde où les relations sociales et les avancées technologiques sont en grand changement ; enfin une question sur le projet architectural de la future école secondaire.

Le Père Nicolas s’est déclaré incompétent pour répondre à la troisième question, et a orienté son interlocuteur vers des artistes et architectes capables de créer une école qui embellisse réellement la colline de Kibagabaga. Il s’est proposé de répondre plus largement aux deux premières questions qui concernent toutes deux la pédagogie ignatienne aujourd’hui.

Une première considération : l’éducation est le travail de tous, à tout moment, et en tout lieu ; elle est inclusive de toutes les dimensions de la personne humaine, physique, intellectuelle, affective, spirituelle. Le Père Nicolas a évoqué l’histoire vécue au Japon, d’un enseignant boudhiste très épanoui dans une école catholique, et d’un autre qui critiquait tout, notamment la prière et la chapelle, mais qui ont pu réfléchir ensemble sur la globalité de l’action éducative. Il a alors affirmé : les jésuites seuls ne peuvent rien faire en éducation ; sans doute ils ont une tradition qui remonte à Saint Ignace, mais c’est une tradition de collaboration pour un projet total.

Une deuxième considération : tous, jésuites et laïcs, doivent se situer dans un processus de croissance ; pour éduquer dans une société qui change il importe de s’imposer une formation continuée, notamment sur la psychologie des enfants, sur l’importance du jeu, etc. En se référant à une évaluation de l’éducation au Japon, le Père Nicolas attira l’attention sur les besoins d’imagination, de créativité, et de sens critique. On n’éduque pas en imposant de force, mais dans une dynamique dialogale ; on éduque dans un société en changement en sachant s’adapter à tous les changements ; on apprend aux enfants à ne pas se laisser submerger par un flot d’informations divergentes, mais à soumettre toute information à un examen de vérité. Si on croit tout ce qui est dit dans les radios et par internet, on met sa vie en danger ; si l’on veut croître en humanité, si l’on veut se libérer de la haine, de la pauvreté, de la violence, des frustrations, des conséquences d’un génocide, il importe de dialoguer sur tout ce qui se passe, de discerner ce qui est vrai, et de se comporter en conséquence pour purifier ou pour tirer avantage.

Troisième considération : la spiritualité de la Compagnie de Jésus. Il ne s’agit pas d’une science séparée, mais d’une manière de vivre avec Esprit qui doit imprégner nos comportements et nos services d’éducation. Etre libre d’esprit et de cœur, être ouvert à Dieu toujours présent, service, compassion, solidarité. Deux adverbes sont souvent employés pour caractériser cette manière de vivre : d’une part « magis » c.à.d. davantage c.à.d. être toujours en situation de croissance, ne jamais être satisfait de ce que nous visons, améliorer, purifier ; (le succès ce n’est pas de gagner plus d’argent, mais c’est de croître en compréhension, en solidarité, en humanité) ; d’autre part « totaliter » c.à.d. globalement c.à.d. œuvrer en tenant compte que la personnalité de tout enfant une « une », que tout se tient, le jeu et la leçon de calcul, la chapelle et la classe ou le terrain de sports. Le Père Nicolas s’adressa aux parents en disant : si vous prenez le risque d’envoyer votre enfant dans une école de jésuites, vous devez vous attendre à affronter des problèmes ; l’école va aider vos enfants à avoir une vision du monde qui va au-delà des idéologies et des intérêts particuliers ; à la maison les enfants vont vous poser des questions qui vous provoqueront à réfléchir vous aussi au-delà des idéologies et des intérêts particuliers.

Une quatrième considération : autrefois beaucoup de cultures considéraient que l’éducation doit « protéger l’enfant » (internat, fille – garçon, etc) ; aujourd’hui l’éducation, et en particulier l’éducation jésuite, considère qu’il faut donner aux enfants l’occasion d’affronter toute la réalité, de se poser des questions de sens, et d’arriver peu à peu à se donner des réponses qui viennent de leur intériorité. Tout ce qui concerne la formation d’habitudes de réflexion, de discernement spirituel, de confrontation des avis dans le dialogue va dans ce sens. L’objectif recherché c’est de voir les enfants devenir plus sensibles aux vues de Dieu sur le monde, sur leur vie. Le travail pédagogique n’est pas d’apprendre aux enfants à courir plus vite que les autres, mais de les aider à avancer en référence à un système d’apprentissage des valeurs, à avoir le sens du service, de la solidarité, de la coopération.

Au terme de ces diverses réponses aux questions initiales, le Père Augustin Karekezi a remercié le Père Général et l’assistance. Deux enfants sont venus présenter un cadeau au visiteur : un bâton couvert de perles. Est-ce un bâton de commandement ? Non c’est un bâton de berger, comme celui de Moïse ; l’école Saint Ignace attend du Père Nicolas qu’il fasse beaucoup de miracles bénéfiques pour tous.

Suivirent les photos de groupes, l’adieu des enfants par de nouvelles danses, et le départ du Père Général pour une visite chez Monseigneur l’Archevêque.

J.C.Michel,s.j.

 

 

mardi 28 juillet 2009

Visite du Père Adolfo Nicolás, s.j. à l'Ecole primaire Saint Ignace (Kibagabaga); le mardi 28 juillet 2009

Le Père Nicolas est arrivé à 15,30 h. Il a salué les enseignants, les parents, les enfants (qui offrirent deux danses). Il a visité l’école, s’est recueilli à la chapelle. Il a été reçu par enseignants, parents et visiteurs; il a répondu à trois grandes questions sur l’éducation. Un bâton « de berger » lui a été offert; il a béni les assistants. Il a signé le livre d’or. Il s’est livré volontiers aux photos de groupes. Les enfants l’ont salué une dernière fois par des danses. Il quittait l’école à 16,30 heures.

 

 

Mardi 27 au noviciat de la Région

En ce jour du 27 juillet 2009, à Cyangugu, la matinée avait été brumeuse et le soleil n’était pas dans les espoirs de la journée. Et pourtant, vers 13h, une lumière timide baignait le beau paysage du noviciat Notre Dame de la Route, offrant un beau panorama sur le lac Kivu.
C’est à ce moment propice à la contemplation et à l’élévation de l’esprit que le noviciat fut honoré par la présence du Très Révérend Père Préposé Général de la Compagnie de Jésus, Adolfo NICOLAS, SJ, accompagné de son Assistant pour l’Afrique, P. Jean-Roger NDOMBI, SJ, du P. Régional de la RWB, Augustin KAREKEZI, SJ, du P. Socius du Provincial de la PAC et du P. Augustin KALUBI, SJ. Le P. Maître et Supérieur de communauté, P. Tite MUTEMANGANDO, SJ était allé attendre les hôtes à la frontière burundo-rwandaise de Luhwa, car le Père Général venait de Bujumbura où il avait participé au Congrès mondial des Anciens élèves des jésuites.
Arrivé, le P. Général a eu juste un petit moment pour saluer les novices et les autres formateurs qui l’attendaient avec amour, joie et affection. Il a ensuite eu un entretien avec la communauté et tous les hôtes présents. Ledit entretien se déroula en deux grands moments. Premièrement, le P. Général s’adressa aux novices, rappelant les grandes lignes d’un noviciat jésuite, notamment être réel et se donner à Dieu dans la générosité qui se manifeste dans l’ouverture du cœur au P. Maître afin de se faire aider. C’est également l’apprentissage du discernement des esprits, qui ne peut aller qu’avec l’écoute de l’Esprit et la connaissance de soi. Le deuxième moment fut celui des questions des novices. Elles concernaient la vie de la Compagnie de Jésus en général, mais aussi certaines touchaient la vie jésuite du P. Général. Il répondit à toutes ces questions avec ouverture et humour, revenant constamment à la profondeur qui doit caractériser tout jésuite, vécue dans la créativité, vu la vitesse à laquelle le monde change.
Quand les novices eurent fini de poser leurs questions, le P. Martin MUDENDELI, SJ, responsable du Centre éducatif Mizero eut quelques minutes pour présenter les réalisations du Centre dont il a la charge, signalant le soutien particulier reçu du P. Peter Hans KOLVENBACH, SJ, prédécesseur du P. Adolfo NICOLAS, SJ.
La présentation du P. M. MUDENDELI, SJ clôtura l’entretien qui dura à peu près une heure quinze minutes et ouvrit un autre moment non moins important, du partage fraternel du pain quotidien. Le repas terminé, le Père Maître invita la communauté et les hôtes à faire une visite au Saint-Sacrement, avant de prendre une photo de famille devant l’image de la « Madona de la Strada », patronne du noviciat. Ce fut l’occasion aussi pour le Père Général de saluer les ouvriers qui encadrent la vie du noviciat.
La séance photo terminée, le P. Général fit une rapide visite d’ensemble du noviciat et de Mizero, avant d’être conduit à la frontière du Congo où il tenait à visiter les communautés et œuvres jésuites de Bukavu avant de revenir au Rwanda et de visiter Kigali.

 

 

lundi 27 juillet 2009

photos prises dimanche

 

 

cloture du congres le dimanche 26

Reportage d’un participant sur la fin du Congrès

Cette journée de dimanche a été marquée par la présence et l’allocution du P. Général Adolfo Nicolas. Son discours a exhorté toute l’assemblée a travailler, toujours avec l'ambition d'œuvrer avec le plus de profondeur possible, dans l’engagement, dans les projets, dans le domaine de la pensée.
Les congressistes sont ensuite passés aux travaux en groupes pour concevoir les actions concrètes à mettre en oeuvre pour tirer notre Afrique du fonds de l'abîme. L'une des résolutions a été que les Anciens de la région des Grands Lacs devront désormais se rencontrer une fois l'an pour débattre des enjeux sous-régionaux et monter des projets plus thérapeutiques et curatifs.
Aussi, la création d’une université d’excellence dans la région ; on y verra germer les érudits en polytechnique, en informatique et autres domaines susceptibles de changer note environnement. Ce serait à Bujumbura, à KIRIRI, et dans les bâtiments jusqu'ici occupés par l'Université du Burundi.
Plusieurs autres résolutions et recommandations seront mises en musique ; elles figureront dans le rapport officiel. Nous les lirons prochainement.
Dans la soirée une grande réunion de prière eucharistique a eu lieu dans les enceintes du Lycée du St Esprit, présidée par le P Général, avant le dîner qui a clôturé la très belle journée.
Le congrès qui ferme ses portes cet après midi aura été impeccable du point de vue organisation, ponctualité, participation assidue et satisfaction des participants, nous ont affirmé plusieurs prêtres, laïcs et observateurs.
Bernard Kanyana

 

 

Journée du dimanche 26 juillet

Ce matin, après sa prière personnelle, le Père Général Adolfo Nicolas sj est venu partager avec nous le petit déjeuner.. Les compagnons présents ont pu le saluer à ce moment là. Des photos en gardent le souvenir
A 7h50, Le Père Général accompagné du Père Régional, du Père Assistant, du Modérateur du Jésam, du Supérieur de Kiriri et de quelques compagnons, est allé déposer une gerbe de fleurs sur les tombes du Père Gabriel Barakana sj et du Père Elie Koma sj.
Immédiatement après, il s’est rendu au Lycée du Saint Esprit où, après avoir signé le livre d’or du Lycée, il a salué le corps professoral, a visité le Lycée, a écouté le mot de bienvenue d’un lycéen et a participé au salut au drapeau avec l’hymne national du Burundi.
Il a adressé un petit mot au corps professoral, en leur disant de risquer leur vie pour former les jeunes, avenir du pays et du monde.
Emmanuel Uwamungu s.j.

L’agenda du Père Général était chargé ce dimanche le 26 juillet.
En effet, vers 8h15, il a rendu visite au lycée du Saint-Esprit où il a été accueilli par le corps professoral, le personnel administratif, et une vingtaine d’élèves. Il a d’abord exploré les locaux de l’établissement. Ensuite, l’on a procédé aux allocutions officielles : l’une dite par le Recteur du lycée, le Révérend Père Ignace Samulenzi, qui était essentiellement un mot de bienvenue et la présentation brève du lycée, l’autre assurée par le Père Général lui-même qui a insisté beaucoup sur la collaboration avec les laïcs dans l’éducation, et prôné le dialogue entre professeurs et élèves, et enfin une autre allocution dite par le représentant des élèves qui a exprimé l’immense honneur d’avoir le Père Général parmi eux, et réitéré leur engagement à être formé pour les autres.
Vers 8h 50, le Père Général s’est rendu à la salle polyvalente où se tient le Congrès. Il a demandé aux Anciens élèves des Jésuites d’être toujours artisans de paix, de prospérité, et de justice dans leurs professions, foyers, et vie sociale. Tout cela à la manière ignacienne.
Vers 10h30, il a reçu quelques Jésuites individuellement, et des jeunes Anciens élèves des Jésuites participant au Congrès qui lui ont fait part des expériences qu’ils ont vécues durant les expériments organisés avant les réunions officielles.
A 12h30, il s’est entretenu avec les Jésuites de la Région à Kiriri. Il y a fait sentir le souci de promouvoir les trois qualités ignaciennes qui lui semblent importantes à savoir la profondeur dans la formation, la créativité, et l’intériorité spirituelle.
A 16h, il a participé aux travaux de synthèse du Congrès avant de présider une messe solennelle. Dans la soirée un repas a réuni le Père Adolfo Nicolas et les congressistes à Kiriri.
Christian Nkengurutse s.j.

 

 

samedi 25 juillet 2009

Journée du samedi: arrivée du Père Général

Le Père Général Adolfo Nicolas et son Assistant pour l’Afrique, le Révérend Père Jean Ndombi sont arrivés à Bujumbura à 14h30 par ETHIOPIAN Airlines. Ils ont été accueillis par les Pères Augustin Karekezi, Supérieur de Région, Guillaume Ndayishimiye, Supérieur de la communauté du Centre spirituel de Kiriri et Représentant légal de l’Association des Jésuites au Burundi, Roberto Lucchini, secrétaire du Nonce apostolique à Bujumbura, le Père Fratern Masawe, Modérateur du JESAM, et Messieurs Grégoire Banyezako, Président de l’Association des Anciens du lycée du Saint-Esprit, Bernard Thompson, Président de l’Union mondial des Anciens élèves des Jésuites.
Arrivés à Kiriri, l’accueil était ineffable. Les danses des écoliers de l’école Saint Louis de Gonzague de Nyabiyorwa ont exprimé la joie immense d’accueillir le Père Général.
Après avoir salué les Jésuites, et les Sœurs Benetereziya du Centre spirituel Emmaüs, le Père Général et son Assistant pour l’Afrique ont été invités à un repas léger qui a été suivi par une rencontre brève avec les PP Karekezi Augustin, Pierre Salembier et André Cnockaert.
Ce soir, Le Père Général ainsi que quelques Jésuites sont invités par Monsieur Grégoire Banyezako à un dîner d’amitié.
Je vous rappelle que, demain dimanche, le Père Général aura un agenda chargé car il doit participer au Congrès, rencontrer l’Archevêque de Bujumbura et quelques Autorités du pays, et présider la messe de clôture du Congrès mondial des Anciens élèves des Jésuites.

Christian Nkengurutse, s.j.