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Il s’agit en plus d’appréhender tout savoir ou tout savoir-faire à l’intérieur d’une expérience humaine des plus ordinaires et des plus personnelles, de tout réfléchir « selon l’homme » ; et donc de former en conséquence ses propres attitudes envers les autres et envers le monde. Ainsi, l’élève de notre lycée est formé dans le souci essentiel de s’engager pour le service des autres.
L’histoire de notre lycée est longue et correspond aux hauts et bas de la crise burundaise qui ne veut pas dire son dernier mot. En effet, commencé en 1952, il s’est déplacé à Gihosha lorsqu’en 1982 les jésuites furent chassés de Kiriri par le pouvoir de l’époque en confit ouvert avec l’Église. Le lycée du Saint-Esprit a été construit par les jésuites en 1983. En commençant par les classes de 7ès et de 3ème à partir de l’année scolaire 1984-1985, le lycée s’est rempli progressivement, jusqu’à prendre la forme de son visage actuel (plus de 900 élèves).
Malheureusement, encore une fois les jésuites ont été priés d’abandonner la direction du lycée en avril 1986, mais ils ont continué à travailler à l’école. Le dernier a arrêté son service le 3 janvier 1987, il était resté seul, sans communauté. Depuis avril 1987 à septembre 1990, trois directeurs laïcs se sont succédé à la tête de l’école
En septembre 1990, une équipe jésuite a été mise sur pied pour reprendre le lycée. Au retour de la compagnie de Jésus à la direction de l’école il fallait réhabiliter les infrastructures et les équipements. Le lycée a très vite vécu le terrible début du calvaire lorsque la crise socio-politique commencée en 1993, juste après l’assassinat du président NDADAYE le 11 octobre 1993, de triste mémoire, et les jours sombres de tueries qui s’en sont suivis, avec une forte paupérisation à cause de la baisse de productivité agricole.
Le pays vient de sortir de cette longue guerre avec les accords d’Arusha et l’arrivée du CNDD-FDD aujourd’hui au pouvoir depuis 4 ans.
Comme les conditions de vie sont toujours difficiles, pour alléger le poids financier de nos professeurs, nous avons pensé à une prime réclamée aux parents que nous mettons en catégories selon leurs moyens, tout en l’arrondissant avec des apports de la Compagnie de Jésus, et cela depuis bientôt une dizaine d’années. Malgré ces conditions difficiles, notre lycée reste néanmoins une école d’excellence et de référence au niveau national. Notre classement reste toujours bon, comme celui des petits séminaires.
Père Ignace Samulenzi, s.j.
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