L’ESPRIT SAINT Y ETAIT, MARIE AUSSI

Nous venions des quatre coins de la Terre, portions des costumes différents, parlions une variété des langues, et pourtant nous nous sentions unis par le même désir, celui de servir la mission du Christ. L’image des disciples réunis autour de Jésus pour dresser un rapport de la mission à laquelle le Seigneur les avait conviés (Mark 6, 30-32) convenait parfaitement à l’Assemblée mondiale de la CVX.

Après l’Assemblée de Nairobi en 2003 où les délégations perçurent un appel à œuvrer comme un corps apostolique, Fatima 2008 venait offrir un cadre d’évaluation à travers un échange d’expériences racontées non seulement à Jésus, mais aussi aux autres membres dudit corps.L’Exco ouvrit la danse en présentant son bilan des cinq dernières années et reçut les réactions de l’Assemblée. Des suggestions furent exprimées notamment à propos du déficit financier que les comptes affichent. Ce fut ensuite le tour aux délégations nationales de partager leurs expériences.
Nombreuses de ces dernières sont réjouissantes de par l’espérance à laquelle elles stimulent. D’autres par contre partagèrent des expériences extrêmement douloureuses. Le Zimbabwe, le Rwanda, le Cuba pour ne citer que ceux-ci suscitèrent de la compassion. Mais le climat général fut celui de la gratitude et de la solidarité dans la grâce. Car même dans les expériences douloureuses, nous arrivions à percevoir la présence et l’action de Dieu dans la vie des communautés nationales.
Le Père Adolfo Nicolas apporta un ingrédient de valeur à notre discernement sur l’avenir de la mission de la CVX. « Il est temps que la CVX,comme corps apostolique, devienne un corps prophétique », fit-il remarquer. « Cela implique, dit-il, que nous portions sur le monde le même regard que la sainte Trinité.
Cela suppose que nous voyions notre monde tel que les Trois Personnes divines le voient, et non pas tel que les media et les idéologies de l’heure le décrivent.Les Exercices spirituels de Saint Ignace de Loyola nous préparent à cette expérience, notamment la méditation des mystères de l’Incarnation. Pour le Père Général, la CVX est une chance unique pour la compagnie de Jésus qui trouve là des collaborateurs qui partagent avec elle l’héritage ignacien. Pour être prophétique, la CVX doit se mettre à l’écoute de l’Esprit en se laissant nourrir sans cesse par les Exercices Spirituels. Et cet Esprit, nous pouvons témoigner qu’Il était à Fatima. Nous en jugeons à l’harmonie préservée tout au long de notre séjour et de nos débats, à la joie qui a marqué nos liturgies, à la paix qui a marqué nos moments de prière individuelle.

Oui, l’Esprit y était parce que les délégués étaient unis malgré leur différences culturelles et linguistiques, et que les repas, et le vin dont ils étaient arrosés, ont gardé un goût exquis du début à la fin de la rencontre, comme le vin aux noces de Cana (Jean 2 :10). Je ne peux finir sans signaler la présence de Marie à notre Assemblée mondiale. Le choix du lieu de Fatima, nos visites nocturnes (privées ou en groupe) au sanctuaire et à la chapelle des apparitions situés à dix minutes de marche de notre home d’accueil, et surtout la procession puis la prière guidées par le Père Général le 17 août dernier ne pouvaient la laisser indifférente. Elle s’est jointe à nous dans la même discrétion dont elle seule a le secret. Elle est notre modèle de disponibilité à la mission de son Fils. Elle était à l’Assemblée, dans un silence éloquent, pour nous souffler à l’oreille :  « Faites tout ce qu’Il vous dira…(Jean 2 : 5) ».

Père Jean Baptiste Ganza sj