Quels sont les objectifs de notre rencontre ? Eh bien, nous voulons renforcer nos liens de communion et situer dans une cohérence évangélique plus grande notre vie et notre mission de jésuite. Cela vous rappelle le triptyque identité-communauté-mission que la 35 ème Congrégation Générale nous a rappelé avec force. Nous n’avons donc pas de thème unique à développer, mais un ensemble de sujet visant à la prise de conscience de notre vocation « d’amis dans le Seigneur ». Qui sommes-nous ? Quels sont les lieux où nous sommes plus attendus ? De qui avons-nous le souci en priorité ? Quels problèmes voulons-nous affronter ? Quelle situation voulons-nous changer ?
La première journée, aujourd’hui donc, est consacrée à la « composition de lieu » du champ de la mission de la Région, le Rwanda et le Burundi, puis le contexte plus large de la Compagnie en Afrique surtout. Nous vivons dans un contexte qui a ses ombres et ses lumières, des défis et de grandes possibilités. Il est utile de voir tout cela. Nous sommes interpellés à lire les signes de notre temps afin de découvrir les risques dans lesquels nous pouvons errer, mais aussi la nouveauté d’un monde qui est en train de naître et que nous ne savons toujours percevoir.
L’idée qui sous-temps tout cela, c’est que l’heure actuelle est bien celle de la « nouvelles évangélisation ». Comme nous le rappelait le bienheureux Pape Jean Paul II, « la vie consacrée ne se contente pas de lire les signes des temps, mais elle contribuera aussi à élaborer et à mettre en œuvre de nouveaux projets d’évangélisation pour les situations nouvelles » (V.C., N°73). Nous devons chercher à répondre à la question de savoir notre contribution à l’évangélisation du Burundi et du Rwanda, en tant que membres de la Compagnie de Jésus.
Il convient de le souligner. Nous serions tentés d’être prisonnier de notre nombre qui est manifestement très limité. Ce qui importe le plus, c’est la qualité de notre vie qui suppose une prise de conscience claire de notre identité et notre mission. Ce sera le thème du 2 ème et du 3 ème jour, comme vous le voyez signalé sur l’horaire. La 35 ème Congrégation Générale nous a redit une vérité fondamentale : « Les jésuites savent qui ils sont en regardant le Christ ». C’est la contemplation de Jésus qui nous donne notre identité non pas comme individu, mais comme communauté (35 ème C.G, d.2, N°2-3). Point n’est besoin de dire que l’expérience de chacun et sa participation active aux travaux de groupes seront hautement appréciées pour l’édification de la Région.
Certains auraient souhaité traiter des thèmes de caractère pratique pour une mise en application rapide. C’eût été comme administrer un médicament à un patient dont on n’a pas fait de diagnostic. Les travaux de groupes pourront faire mieux émerger ce genre de sujets. L’important est d’avoir une ouverture d’esprit qui pourra déboucher sur la conversion du regard et profondément sur la conversion du cœur. L’analyse de situation et l’écoute des appels de ceux que nous voulons servir, c’est un impératif souverain. C’est pourquoi d’ailleurs nous devons respecter quelques attitudes de base dans nos rapports et dans nos délibérations. C’est plus que des règles ; ce sont des attitudes et des engagements sérieux :
- Ouverture et sincérité
- Désaccord avec respect
- Donner des points de vue en pensant à ce que l’on pourrait faire soi-même, de façon concrète.
- Engagement à continuer le processus, dans le souci du progrès personnel et l’aide à apporter aux autres.
Les absents : Butare, Kigali, Gasenge, Kamanzi, Mazarati, Shema, Bob, Nairobi.
Nous avons prévu, à la fin de nos journées, une démarche proprement mariale : le pèlerinage à Kibeho. C’st le rappel d’un aspect de notre identité et l’expression du désir de placer notre vie sous la puissance de supplication de la Vierge Marie, comme Saint Ignace et ceux qui furent les premiers compagnons de Jésus. La lettre que je vous ai adressée sur le sujet vous aura montré combien la Compagnie de Jésus, même si elle n’affiche pas l’exubérance de grande dévotions, a un lien spécial avec la Vierge Marie et un devoir de piété dont témoignent nos aînés à travers l’histoire. En ces années où la foi est interpellée par les choses et les hommes, l’imitation de Marie, Mère de Compagnie peut susciter en nous un élan de renouveau et de dynamisme apostolique.
Pour terminer ce mot d’ouverture, je voudrais exprimer ma joie d’avoir le Père Kalubi parmi nous, en cette année où la Province d’Afrique Centrale qui est notre lieu historique, célèbre le jubilé de Cinquante ans. Mais il y a une autre raison. Nous avions la proposition d’autres compagnons qui pourraient cheminer avec nous comme modérateur de nos travaux. Le choix du Père Kalubi a été justifié par sa proximité historique et spirituelle avec la Région ainsi que son expérience de jésuite. Cher Kalubi, au nom de mes compagnons de la Région ici présents et d’autres qui n’ont pas pu être avec nous pour diverses raisons. Je te remercie d’avoir accepté notre invitation et de souhaite la bienvenue.
Puissent nos réflexions et nos échanges ranimer notre passion pour le Christ et notre engagement à être des hommes pour les autres. Je déclare ouvertes nos journées de Région.
Augustin Karekezi sj
Supérieur de Région.
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