L’existence de l’homme ne peut se manifester que par le caractère évolutif ; comme diront les existentialistes en invitant l’homme à son progrès: « Exister, c’est faire en se dépassant. ». Ce que nous observons et ce que nous constatons, c’est cette évidence sociologique : l’agir de l’être humain témoigne d’une créativité qui marque le dynamisme humain et son caractère évolutif. C’est cette capacité qui doit nous servir afin d’éviter des formules exprimant la fuite des exigences existentielles telles que : « Vous n’y pouvez rien, c’est le destin », « On n’échappe pas à sa destinée. », etc. Toutes ces formules sont des échappatoires par rapport à la vocation de l’homme de se développer. Certains restent indifférents à des projets pouvant contribuer à leur propre progrès (intellectuel, moral, spirituel, physique,…) et au progrès de leurs prochains. Ils s’imaginent que les événements sont d’avance réglés par une puissance fatale. Et ceci conduit à « jeter le manche après la cognée » et à laisser leurs responsabilités au Créateur. Ainsi dira Françoise Mallet-Joris : « Il n’y a pas de machine pour vivre à notre place, même si elle se pare d’un beau nom, même si cette machine porte le nom de Dieu.» Simplement pour montrer que nous devons agir sur nous mêmes mais aussi tenir compte du cadre évolutif qui influe sur nous. Nous comprenons par là que l’homme est appelé à investir sur lui-même, doit se réaliser et chercher à se dépasser.
Cette recherche de réalisation n’implique pas la mise de côté de son Créateur ; car non seulement l’homme doit se développer mais aussi développer ses rapports avec le divin. Il doit être guidé par la foi. Réellement, l’homme doit prendre conscience qu’il doit tout à un tout autre : « l’Absolu ». Et c’est là qu’il se réalisera dans le bonheur. Comme le dit Loïc J. Mben, sj : « La relation que l’homme entretient avec l’absolu est déterminante pour son bonheur. Dans la perspective du développement, l’épanouissement de l’homme dépend de ses potentialités et de la manière dont il les développe… et c’est dans la mesure où l’homme travaillera à son salut qu’il l’atteindra. »
Malgré ses efforts, l’homme ne peut jamais se prendre en main complètement ; mais tout vient de Dieu. Son accomplissement et sa réalisation ne viennent ni de lui ni en dehors de lui. Blaise Pascal dira : « certains disent : « rentrez en dedans de vous, c’est là que vous trouverez votre bonheur » Et cela n’est pas vrai (…) les autres disent : « Sortez en dehors et cherchez le bonheur » Et cela n’est pas vrai (…) le bonheur n’est ni hors de nous ni dans nous; il est en Dieu, et hors et dans nous. »
Toute fois l’homme doit viser son accomplissement par les moyens dont il est doté, bien entendu par son créateur, dans différents domaines. Dans l’expression historique, à une étape donnée de l’histoire de l’humanité, la technologie et le développement humain ont pu connaître des déviations par rapport à leur objectif premier qui consiste à libérer l’homme et à le conduire à son plein accomplissement. Il s’agit, ici de souligner l’avantage et l’inconvénient de la technologie. « Toute médaille a son revers » . Il revient à l’homme de tirer parti des techniques et de prendre ce qui peut lui être nécessaire. Il ne saurait y avoir d’opposition entre les deux processus qui sont importants pour l’homme.
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