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Notice biographique

Jean-Claude est né au village de Blandain dans le Hainaut belge le 25 janvier 1929. Ses parents, Lucien Michel et Agnès Flament, le firent baptiser à l’église paroissiale St Eleuthère dès le 27 janvier malgré le grand froid de l’hiver. Il avait une sœur aînée, Monique ; il aura un frère cadet, Armel. Son père était gérant d’une petite entreprise de produits pharmaceutiques ; sa mère, qui avait été enseignante au secondaire, s’occupait des enfants tout en remplissant quelques tâches de secrétariat dans le bureau de mari.

Deux premières années d’école primaire chez les Religieuses de la Visitation ; et donc une première communion très bien préparée. Puis la formation normale des garçons du village à l’école communale, avec de bons maîtres, chrétiens, éducateurs. La profession de foi, préparée à l’église du village avec le curé et le vicaire, fut célébrée avec ferveur au cours de la sixième primaire.

Survint la guerre de 1940.La famille cherche refuge en France pendant trois mois, puis rentre au village sous occupation allemande. Ecole secondaire dans la petite ville de Tournai, au collège Notre-Dame tenu par les jésuites. Des années difficiles à cause de la guerre, mais aussi des années de maturation spirituelle très marquée : sacrement de confirmation au Collège ; cercle missionnaire et JEC, congrégation mariale, accompagnement spirituel personnalisé. Et cela par la médiation d’éducateurs jésuites et laïcs de grande qualité : on peut notamment citer le Père Férard et le Père Javaux. En famille on lutte pour la survie alimentaire ; mais on fait corps pour le travail, les études, la prière, sans négliger la culture : la fille et le cadet jouent du piano ; Jean-Claude s’exerce au violon.

1945 : La guerre est finie. Que sera l’avenir ? Dieu y pourvoit par petites touches successives : la « vie jésuite missionnaire » apparaît le chemin prioritaire ; la maman dit oui ; le papa interroge et dit oui ; la sœur, le frère semblent trouver la chose normale. On comprit plus tard la raison de cet accord tacite : le frère deviendra prêtre diocésain avant d’entrer dans une congrégation bénédictine ; la sœur deviendra religieuse dans la Congrégation diocésaine des Sœurs salésiennes de la Visitation. 14 septembre 1946 : entrée au noviciat d’Arlon.

Deux années de noviciat sans histoire, mais avec une santé fragile. Vocation missionnaire ? Les supérieurs disent non. Les vœux après deux ans : un Père Maître dit non ; son successeur dit oui. Quelles études ? Les sciences positives selon les aptitudes apparues au niveau secondaire ? Le supérieur provincial dit non, ce seront les études de philologie classique, de latin, de grec, avec des compléments d’histoire : un an au juvénat de Wépion ; une seconde année en autodidacte pendant les douze mois de service militaire, et des examens au jury central à Bruxelles. Suivent trois années de philosophie à Eegenhoven : le jeune philosophe renâcle ; sa tête n’est pas faite pour une « réflexion totale » ; il s’intéresse à la logique des sciences, à la cybernétique, aux tortues de Grey Walter ; jusqu’au jour où un déclic se fait, et toute la philosophie prend sens ; le professeur le moins apprécié devient maître à penser, le Père Hayen. Un hobby : l’apiculture. L’art ? Encore un peu de violon. La vie spirituelle et apostolique ? Aucun trait marquant, mais, Dieu merci, une régularité et un goût simple des Exercices spirituels.

1953 : La régence. La perspective attendue oriente vers l’apostolat des collèges en Belgique, en raison des études faites, en raison de deux stages de surveillance enseignement à Charleroi et à Mons. Mais « êtes-vous prêt à partir à Léopoldville ? ». «  Oui, bien sûr, mais il m’avait été dit que la vie missionnaire n’était pas pour moi ! » . «  Peu importe, êtes-vous disponible tout de suite ? » « Oui ». Et ce furent trois années intenses, merveilleuses : professeur, éducateur, animateur, du cinéma, des sports, des ouvertures sur les jeunes les plus démunis dans des camps de vacances. Une avidité apostolique, parfois dévorante ; une recherche spirituelle difficilement satisfaite par des récollections et retraites. Des compagnons dynamiques : les Pères De Voghel, Goux, Dodémont, p. ex. Une motion forte de l’Esprit pour une vie apostolique jésuite ; pas de problème de santé ; le désir de pouvoir revenir comme prêtre au Congo, si possible dans un collège de l’intérieur du pays.

1957 : Théologie à Eegenhoven (deux ans), à Leuven ( un an), et à Heverlee (un an). Deux

années riches d’expériences et de soifs ; tous les grains faisaient farine au moulin ; connaître pour servir ; avoir de petits apostolats auprès des étudiants de l’université ; rester branché sur la vie apostolique au Congo ; suivre les nouvelles politiques vers les indépendances africaines ; étudier les interrelations entre foi et politique ; approfondir une langue ; et tout cela grâce à des professeurs de grande classe, et des compagnons qui vous entraînaient. Le sacerdoce en 1959 ; les premiers apostolats paroissiaux à Rixensart ; la perspective du Troisième An de noviciat.

Mais non. 1960. Les bouleversements de l’indépendance à Léopoldville. Des appels du Supérieur Provincial pour accueillir en Belgique ceux qui devaient quitter l’Afrique. Et puis la mission imprévue : « Etes-vous prêt à repartir immédiatement à Léopoldville, à aider le collège à redémarrer, à prendre en mains une classe de rhétorique ? » « Evidemment oui ». Deux années de reprise de l’apostolat d’éducation, comme prêtre cette fois, et avec une majorité absolue de jeunes africains ; des classes de plus de 35 élèves ; des cours à créer de toutes pièces (on ne pouvait vraiment plus enseigner l’histoire et la géographie de la Belgique !) ; des émissions de radio à assurer tous les dimanches, et en vacances pour le recyclage des moniteurs du primaire ; un désir lancinant d’aider de jeunes intellectuels à découvrir Jésus Christ. Et toujours se sentir porté, encouragé, par une communauté de compagnons qui allaient de l’avant avec l’élan, les Pères Cardol, Nicolay, Blaffart.