Inauguration du CENA Notre Dame de la Route Le 18 octobre 1995 eut lieu l’inauguration de notre Centre pour Enfants Non-accompagnés (CENA), dans le domaine du Noviciat de Cyangugu. Les bâtiments réhabilités hébergeaient déjà depuis un mois 210 enfants et leurs éducateurs. Mais il fallait organiser une belle fête pour remercier publiquement les bienfaiteurs, se faire connaître, et donner aux enfants le temps de vivre des moments de joie avec des adultes. La fête elle-même pouvait rivaliser avec les grandes célébrations qui, pendant plus de trente ans, ont rythmé la vie du noviciat Notre Dame de la Route. Plusieurs personnes avaient fait le déplacement, parmi lesquelles trois députés de l’Assemblée Nationale et deux hauts fonctionnaires des Ministères de la Santé et des Affaires Sociales. Les prêtres du Diocèse de Cyangugu avaient répondu très nombreux à l’invitation, ainsi que les Sœurs Pénitentes de Saint-François qui ont aussi aidé à préparer la fête. Le Préfet de Cyangugu et beaucoup de ses collaborateurs ne cachaient pas leur joie de voir enfin les enfants installés dans un domaine plus favorable et rassurant. On notait aussi la présence des enseignants de l’école où nos enfants étudient ainsi que les représentants des ONG qui ont quelque engagement avec l’œuvre de l’enfance au Rwanda. Après l’accueil des invités, on procéda à la célébration d’une messe d’action de grâces, présidée par le Vicaire Généra du diocèse. Comme il se doit, en cette période de l’année à Cyangugu, la pluie était au rendez-vous. Mais cela ne troubla pas les enfants chargés de du service de protocole. Tout le monde a pu trouver une place dans la chapelle, et même les cameramen avaient de l’espace pour se mouvoir. C’est que notre jeune population occupe très peu d’espace. Après la messe, les enfants entraînèrent leurs hôtes pour une visite des lieux. Tous étaient émerveillés par la tenue impeccable des chambres et dortoirs. C’est sans doute l’un des apports précieux des Sœurs Pénitentes. La visite fut suivie par un autre temps fort de fête : les réjouissances faites de chants, de danses, de discours, et un repas qui réunit les adultes et les enfants. Dans un mot d’adresse, le Père Karekezi commença par remercier les Pères Alexis HABIYAMBERE, Jean-Claude Michel, et Monsieur Charles Gakwavu. Ils ont donné le meilleur d’eux-mêmes dans la genèse et la mise à exécution du projet. Puis il a remercié beaucoup de bienfaiteurs d’Autriche, d’Ecosse, d’Italie, du Canada, sans oublier le JRS et le Diocèse de Cyangugu. Tous ceux qui ont pris la parole, le Vicaire Général, le Préfet de Cyangugu, un Député qui représentait ses collègues de l’Assemblée Nationale de Kigali, le Représentant de « Médecins du Monde », tous s’accordèrent sur un point. L’œuvre de réconciliation est une tâche de longue haleine. Elle prendra les formes de l’amour, notamment celui que nous aurons montré aux enfants victimes des malheurs qui ont ravagé notre pays. A. Karekezi s.j./11.11.95 |