LE DECRET 1 DE LA 35 ème C.G. ET LA COMMUNAUTE DE CHRISTUS
Le lundi 6 octobre 2008, tous les jésuites de Kigali (résidents et hôtes) se sont retrouvés à la Maison Régionale. Nous étions onze. Après la Messe et le repas partagé dans la fraternité, nous avons échangé sur le Décret 1 de la 35 ème Congrégation Générale. Nous avons parlé de certains aspects du contexte du Décret, des éléments qui avaient retenu notre attention lors de notre lecture préparatoire, et des questions que nous nous posions.
Le Décret 1 trouve sa source principale dans la lettre et dans l’allocution du Pape Benoît XVI avait adressées aux membres de la Congrégation générale. Il révèle le climat de grande confiance que ces adresses ont suscitées, dans la ligne de l’action persévérante du Père Kolvenbach. En même temps, le Décret 1 s’enracine dans la Spiritualité des Exercices de Saint Ignace, dans l’histoire apostolique de la Compagnie de Jésus (Ricci, Guaranis, JRS), ainsi que dans les dernières congrégations générales qui mettent l’accent sur la justice, les pauvres, l’œcuménisme, le dialogue, dans les motions pastorales du Concile Vatican II ; et aussi dans l’esprit d’un monde où se rencontrent habituellement les cultures et les religions. L’un de nous disait : « J’étais déjà très content des décrets des Congrégations générales précédentes. »
Après avoir dégagé le contexte du Décret 1, nous avons mis en commun ce qui a le plus retenu notre attention : l’élan et la ferveur qui se dégage de l’ensemble du Décret (un cœur large), l’invitation à des apostolats nouveaux (comme des passages de frontières, comme une marche vers des horizons nouveaux), l’insistance sur le service de l’Église en lien avec le Pape (quatrième vœu, fidélité), l’exhortation visant des changements d’attitude et de manière de vivre (des appels exigeants). Nous avons bien perçu que la réalisation de ces perspectives supposait une forte spiritualité centrée sur le Christ, une formation solide, une théologie engagée, un service de la formation humaine intégrale. L’un de nous a dit qu’il percevait une tension entre, d’une part, une insertion plus grande dans l’Église, et d’autre part, une audace qui court des risques en des lieux où l’Église n’est pas encore engagée.
Plusieurs parmi nous ont posé des questions sur la mise en œuvre des orientations du Décret 1 dans notre vie et dans notre contexte ecclésial et culturel. Nous étions d’accord pour dire que ce n’était pas l’élan du décret 1 qui nous caractérise actuellement comme corps apostolique. Qu’est-ce qui nous concerne en premier lieu ? Comment passer de la théorie à la pratique ? Quelles sont les nouvelles frontières à franchir (le sida, les enfants de la rue, la richesse ?) ? Et s’il faut renoncer à quelque chose, que choisir ? Plus concrètement : la formation de nos jeunes compagnons ? L’avenir du Centre Christus à Kigali ? Le projet de Kibagabaga a-t-il été conçu et est-il vécu dans l’esprit du Décret 1 ? Nos réunions de scolastiques ont-elles un suivi ? L’un de nous a fait remarquer que le Décret n’a pas parlé de l’importance du soutien des structures de la Compagnie lors des avancées vers de nouvelles frontières.
Pour conclure, nous nous sommes tous exprimés. Nous avons émis le désir de poursuivre l’appropriation de tous les décrets de la Congrégation générale. Après divers échanges, il fut convenu de tenter une lecture globale personnelle de tous les décrets et d’y relever les questions pratiques qui nous interpellent davantage. Le prochain partage aurait pour objet de mettre en commun ces questions. Par la suite, nous verrons si nous pouvons creuser certaines de ces questions. Nous sommes d’accord d’avancer au rythme d’un partage mensuel et si possible, de deux récollections au cours des douze prochains mois.
Jean Claude Michel sj. |