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Il ne mâchait pas ses mots, il aimait la vérité, quelque soit son prix. Entre 1963 et 1965, il participe au Concile Vatican II comme théologien de l’Église du Burundi. Le Père Barakana fera partie des neuf jésuites qui, le 12 mars 1961, ont créé le Centre Universitaire. Il en est le premier représentant légal. Lorsque cette institution se transforme en Université Officielle du Burundi le 10 janvier 1964, il fait partie de son Conseil d’administration et y exerce des enseignements dans la faculté de droit. En 1971, il devient Recteur de la même Université. Il exercera cette fonction jusqu’en 1978. Il fut témoin de la grande crise ethnique d’avril 1972. Il invitait souvent les étudiants à se montrer responsables dans la vie quotidienne. Après ses fonctions comme Recteur de l’Université du Burundi, le Père Barakana passe un temps d’anglais en Angleterre (1978) puis il vient à Chantilly (1979-81), en France, pour un ressourcement spirituel. On a fait courir le bruit qu’on le préparait à être nonce apostolique. Il n’en était rien. De retour au pays, en 1981, il se consacre à un ministère spirituel. C’est alors qu’il a lancé le Mouvement Sacerdotal Marial au Burundi. Son soutien à ce mouvement lui a valu l’emprisonnement du 30 juillet 1985 au 27 mars 1987, tour à tour, à Bujumbura, Rumonge et Muramvya. Pendant cette période, le Père s’est fait remarquer par une très grande sérénité, un homme de droit, un martyr de la vérité. Jamais, il n’acceptait de pression pour lui faire démordre des ses convictions profondes, religieuses, spirituelles ou intellectuelles. Dans sa prison, il a fortifié le mouvement marial et la récitation du rosaire, imperturbable, dans une foi inébranlable. Il disait qu’il n’avait jamais été aussi libre qu’en prison.
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Le P. Barakana exprimait une
grande confiance en la Sainte Vierge Marie |
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La persécution de la foi chrétienne battait son plein, sous le régime du président Jean-Baptiste Bagaza. Ce dernier avait nationalisé le Collège du Saint Esprit dès 1979 et expulsa les jésuites même de leur maison en juillet 1987. Le Père Barakana, libéré de prison dût se réfugier en ville, à la Procure d’accueil des religieux. Un moment il reste le seul jésuite burundais dans ce pays. En décembre 1988, avec le changement de régime, sous le Président Pierre Buyoya, il pût regagner sa communauté de Kiriri, exerçant des ministères sacerdotaux divers, notamment l’aumônerie du Mouvement Marial et la prière de guérison des malades. La guerre civile déclanchée en 1993, avec l’assassinat du Président Melchior Ndadaye, laisse le Père Barakana comme un homme épuisé par l’âge. En janvier 1995, il est frappé par une thrombose qui le laisse hémiplégique. Après des soins en Belgique, il récupère l’usage de ses membres.
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En juillet 1997, il pourra célébrer ses cinquante ans de vie sacerdotale mais plus tard, il manifeste des signes de la maladie de Parkinson. Il s’est éteint à Kiriri le 26 septembre 1999, et fut inhumé le 29 septembre 1999, à la fête des Saints Archanges. Son corps repose au Centre Spirituel Kiriri, à côté de l’Église du Saint Esprit, protégé par une tour majestueuse, haute de 40 mètres, qui domine la ville de Bujumbura. |
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