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Célébration du jubilé sacerdotal à Kiriri

Le ciel est bleu clair en ce dimanche du 16 août 2008. Le Père Guillaume Ndayishimiye sj nage dans la joie à l’occasion de son jubilé sacerdotal d’argent. Il est bel et bien entouré. Evêques et prêtres, religieux et religieuses, hautes autorités civiles et militaires n’ont pas manqué au rendez-vous d’action de grâces pour ce jésuite qui a hérité dans la lignée de Melchisédech et qui est le seul prêtre encore en vie parmi les Burundais. En effet, l’évêque de Bubanza, Mgr Jean NTAGWARARA, le nonce apostolique, Mgr Paul Ghallagher, le Père Supérieur Régional des jésuites du Rwanda-Burundi, Père Karekezi Augustin sj; des Supérieurs majeurs religieux, curés de paroisse et compagnie, des représentants du gouvernement, amis et connaissances sont là aux côtés de la famille des Bonja et des jésuites de Bujumbura célébrant ce grand jour pour le Père jubilaire. Au Centre spirituel de Kiriri, tout inspire la joie. Chaque coin, de l’Eglise à la splendide tribune, personnes et choses émettent un parfum d’une célébration pas quelconque.

Tout commence par la messe. Il est 11h30. L’évêque de Bubanza préside. Une belle davantage liturgie embellie par des danseurs et danseuses. L’autel a accueilli beaucoup de prêtres dont l’unique co-promotionnaire du Père Guillaume et co-originaire de Bukeye, Abbé Pascal NIYONAHABONYE. La chorale locale chante merveilleusement la sélection du Père Guillaume lui-même. Le Noviciat jésuite a dépêché le novice Vedaste pour donner le ton au son du Piano. L’homélie de l’évêque se centre sur l’action de grâces pour le sacerdoce ministériel que le Père Guillaume partage avec le Christ depuis 25 ans. Sa signification aussi bien pour le prêtre que pour le peuple de Dieu est élucidée et l’évêque est même poétique par moments.

Tout de suite après l’homélie, le jubilaire prend la parole. Il rend grâces à Dieu qui l’a choisi alors qu’il en était indigne parce que « pécheur venant du pays des pécheurs ». Puis, il demande pardon à ceux contre qui il a péché au cours des 25 ans écoulés, surtout ceux qui ont déjà rendu l’âme. Il demande aux évêques et aux prêtres présents de lui donner absolution au nom de l’Eglise. Et aux fidèles, il leur demande de lui pardonner à la place de ceux contre qui il a péché qui ont déjà quitté cette terre. Les mots qu’il utilise sont trop touchants pour laisser la place à l’indifférence dans les cœurs de l’assemblée. L’émotion se fait sentir à travers toute l’Eglise. Oui c’est touchant. C’est très courageux. C’est un exemple pour tout vrai chrétien, comme insistera le Président du Parti au Pouvoir au Burundi dans son mot de circonstance. En revanche, le père jubilaire proclame haut et fort qu’il offre le pardon à tous ceux qui ont péché contre lui, surtout ceux qui ont déjà rendu l’âme, il ajoute toujours. Il remercie tous ceux et celles qui l’ont soutenu dans sa vocation jusqu’à ce jour. Il demande à Dieu la grâce de lui rester fidèle et de donner gratuitement comme il a lui-même reçu gratuitement. Il insiste sur son désir de reconversion, de vivre désormais son sacerdoce sous le signe du renouveau.

Au sortir de la messe, il est 14 heures. La communion à l’Eucharistie va se prolonger à la tribune où sont conduits les invités comme en procession. Le repas festif est offert, le vin d’honneur du jubilaire est partagé avec ses convives. Chants et danses, relayés par le traditionnel tambour du Burundi, agrémentent merveilleusement cette fête qui est par ailleurs bien organisée. Toutes les prises de parole pour la circonstance expriment l’action de grâces à Dieu et félicitation au Père jubilaire qui n’avait pas vu une seule ordination sacerdotale jésuite au Burundi après lui. Heureusement qu’il vient d’avoir au moins deux diacres qui viennent après lui. C’est un cadeau que le Seigneur lui offre à l’occasion de jubilée comme dira le Père Régional. Le Papa du jubilaire, le Père Régional, l’évêque de Bubanza, le représentant des anciens des jésuites prennent la parole tour à tour. Le Père Guillaume lui-même fait de même. Il veut remercier Dieu et tous ceux qui l’ont soutenu dès son enfance, ses parents et surtout ses sœurs qui ont été sacrifiées pour que lui et son frère aillent à l’école. Il est reconnaissant pour ses professeurs et maîtres, les compagnons avec qui il a vécu dans divers coins du monde à différentes époques, bref tous ceux et celles qui ont été là pour lui surtout pendant les moments durs de sa vocation. Son merci va aussi vers les personnes qui ont aidé à organiser la fête.

Après les discours, des cadeaux abondent de toutes parts et convergent vers le jubilaire qui doit être rassuré du soutien renouvelé des personnes présentes. La soirée approche et les invités commencent à dire au revoir timidement. Bientôt les tambourinaires sont là pour annoncer la fin de la cérémonie. Pourtant, pour les jésuites et la famille du Père Guillaume, l’heure de séparation n’est pas encore venue. Ils ont encore un autre moment spécial d’intimité à vivre ensemble. Mais ce qui a un début a une fin. Vers 21h15, après le souper et de belles paroles échangées en douceur, tout le monde doit rentrer, la fête du jubilé est terminée. Ça a été très bon. Une fête joyeuse et bien organisée, un décor formidable, un service qui a laissé un goût de revenez-y. Il ne reste qu’à demander au Seigneur de bénir le Père Guillaume NDAYISHIMIYE sj et de le fortifier davantage corps et âme pour qu’après un autre quart de siècle nous l’entourions encore en beauté pour célébrer son jubilée d’or.