Le «collège» de Kiziba a été bien construire en matériaux non durable ; il forme un quadrilatère à une seul entrée, ce qui favorise la discipline. Il est équipe d’une installation électrique ce qui permet de faire des études du soir. Les conditions de fonctionnement sont aussi bonnes que cela soit possible dans le camp. Notre gros problème c’est la qualification de nos professeurs. Nous avions pu avoir recours à des non réfugiées, mais il sont tous parti parce qu’ils étaient mieux rémunérés ailleurs. Nous essayons de sélectionner des sortants du secondaire. Et le projet Teachers Training a été organisé pour faire face aux problèmes des compétences particuliers : certains sont laissés seuls à la maison avec leurs frères et sœurs parce que les parents font de séjour au congo ; ils sons préoccupés par la survie de leur «ménage» ; certains filles deviennent mères et ne peuvent poursuivre une scolarité normale. Les classes sont fort peuplées. Pourtant nous avons des réussites aux examens d’Etat, et un certain nombre de nos «finalistes» peuvent accéder à des sections supérieures en dehors du camp.
** Sœur Irène, l’an dernier le Centre éducatif Raphaëlle Marie n’existait pas ; comment l’avez-vous crée ? avec quel argent ? pour quelles finalités ?
Raphaëlle Marie est le nom de la fondatrice de ma famille religieuse ; ce n’est pas une référence «jésuite» ; mais le Père Tony a donné son accord pour la dénomination. Nous voulions répondre à un «manque». Nous avions fort ressenti que beaucoup de jeunes, non scolarisés, manquent de protection et de formation pratique. Nous avons cherché comment répondre à leurs besoins par un minimum de formation. Nous avons pu intéresser un ONG d’Espagne ; et nous avons obtenu un financement de deux ans pour des formations courtes de six mois en faveur de groupes limités à 75 jeunes à la fois. Nous avons commencé en février à Kiziba ; nous commencerons en mai à Gihembe. Un peu de français, un peu d’anglais, un peu de calcul ; de l’économie domestique pour les filles ; de l’électricité pour les garçons. Mais un cadre, un accompagnement, une éducation. C’est peu, mais c’est une vitamine, un équipement ; et les jeunes partent pour se faire engager comme domestique, ou aide artisan ; ils subviendront un peu mieux à leurs besoins.
** Madame Daydon, vous êtes arrivée récemment dans le JRS et au Rwanda ; vous avez été affrontée à toute la responsabilité du JRS à Gihembe ; qu’est-ce qui vous a surtout impressionnée ? Comment voyez-vous votre engagement futur ?
Je dirai d’abord que le Rwanda me fascine ; j’aime vivre à Byumba ; et je ne me trouve pas trop dépaysée par rapport à mes origines dans les Caraïbes. Mais c’est vrai que tout était nouveau pour moi.
Je suis surtout frappée par le défit de l’éducation de la jeunesse : tout un avenir est engagé avec des moyens pauvres ; et nous devons chercher comment améliorer de jour en jour ce que nous faisons. Nous ne sommes pas seuls, et je trouve que nous oeuvrons bien en collaboration avec d’autres organismes et avec les parents des enfants qui sont dans nos écoles. De plus j’apprécie beaucoup la vie d’équipe qui nous permet de réaliser au mieux des circonstances les services que le JRS s’est engagé à rendre. Mon regard vers l’avenir est optimiste ; et j’y apporterai toutes mes capacités.
Certes, je rencontre des difficultés, qui sont parfois, pesantes, mais je trouve que l’importance des résultats obtenus par toutes les activités du JRS mérite d’affronter les obstacles et les contraintes.
** Sœur Irène, pouvez-vous nous donner quelques informations sur le financement, et le cadre juridique des activités du JRS au Rwanda ?
Notre action est réalisée essentiellement en référence au Minaloc qui est l’autorité administrative des réfugiés, et en référence au HCR avec qui nous avons un contrat cadre. Notre principal problème à l’heure actuelle vient du fait que les b ailleurs de fonds du HCR ont réduit fortement leurs contributions au cours des deux dernières années. Il n’y a plus qu’un seul pays qui accepte de financer l’aide humanitaire aux réfugiés se trouvant au Rwanda. Si nous considérons le seul financement des écoles primaires, le HCR intervient pour 27% ; tout le reste doit être trouvé par le JRS ; c’est la prouesse des services du bureau régional de Bujumbura avec le Père Tony Calleja.
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