Commémoration du génocide au Centre Christus

  Depuis 1994, le mois d’avril n’est pas un mois comme les autres pour le peuple Rwandais. Il s’agit, en fait, d’un mois consacré à faire mémoire. La date du 7 avril de chaque année ouvre une semaine de deuil pour toute la nation, un deuil qui se veut porteur de notre volonté à assumer notre histoire, non pas en revivant les évènements tragiques du passé, mais en nous efforçant de retrouve la dignité perdue pour nous et pour les nôtres qui ont été emportés par le génocide.

Cette histoire a laisse des séquelles indélébiles sur notre pays et le Centre Christus, comme partout ailleurs dans le pays, en a gardé les marques. Il y a la chambre 28, chambre d’exécution où nos trois compagnons et ancêtres Chrysologue MAHAME, Innocent RUTAGAMBWA et Patrick GAHIZI ont trouvé la mort le matin du 7 avril 1994. Il y a aussi, tout juste à cote, le petit mémorial érigé en l’honneur de nos trois compagnons et de 14 autres prêtres, religieuses et laïcs qui y sont inhumés. C’est là que, comme on le fait chaque année, les membres des familles de nos compagnons ainsi que quelques membres de la communauté chrétienne de Remera se sont joints aux jésuites de Kigali, le 7 avril, pour prier en faisant mémoire de nos compagnons et amis tués à cet endroit à la même date en 1994.

La cérémonie a commence par la bénédiction du mémorial et une brève évocation, par le Père Augustin Karekezi, de nos trois compagnons et des autres personnes qui sont tombé au Centre Christus. L’assemblée s’est ensuite dirigée vers la chapelle pour la messe. Le Père Augustin Karekezi rappela que faire mémoire des victimes du génocide ne signifie pas vivre dans le passé mais bien de nous approprie, dans le présent, l’héritage de paix et d’amour que nos frères et nos sœurs martyrs nous ont légué. Il s’agit de veiller à ce que leur sacrifice ne tombe pas dans l’insignifiance. Ils ont un message pour nous et ce message nous exhorte à rebâtir la paix et l’harmonie que nous avons perdues. Faire mémoire de nos martyrs revient à nous engager à faire tout ce que est possible pour que la triste histoire qui nous a privé de nos proches ne se répète jamais.

Après la messe, les membres des familles et amis des nos compagnons étaient accueillis dans une de nos salles de réception pour se rafraîchir. Continuons de prier pour que Dieu qui nous a fait renaître de nos cendres puisse garder un regard bienveillant sur nous et qu’il continue à bénir nos efforts de reconstruction d’une nation plus unie et harmonieuse.

SHEMA Yves René, s.j.