Les grandes lignes de notre projet apostolique
Par Jean-Claude Michel, s.j.

Avec discernement, les jésuites (peu nombreux) œuvrant au Burundi et au Rwanda ont formulé un « projet apostolique », qui les dynamise, et qui les situe dans le service du Royaume, en Église.

Dans les deux pays certains défis majeurs interpellent leurs apostolats : l’ethnisme, la faiblesse des convictions de foi (pour des raisons de culture et de perturbation sociale), l’insécurité d’une nombreuse jeunesse face à l’avenir (un trop petit nombre d’emplois ouverts pour ceux qui achèvent des études secondaires, et même supérieures), et aussi la dispersion géographique des membres de la Région (pour la formation surtout).

Les jésuites de la Région se sont dits qu’ils devaient faire corps (par la vie communautaire, les communications fréquentes, et une mission commune), que tous leurs apostolats devaient être vécus sous le signe de la réconciliation (en Église, dans le service de la justice, avec une attention spéciale aux exclus), et qu’ils devaient chercher à former des chrétiens qui soient capablesde s’engager à leur tour pour évangéliser.

Les priorités apostoliques ont été définies en fonction des œuvres déjà existantes (et qui restent des signes de certaines attentes de Dieu), de ce contexte lourd de défis difficiles, et des aspirations communément ressenties.

Le Père J-C. Michel, s.j. Économe de la
Région et Socius du Supérieur Régional

1. La promotion des vocations

… à la vie jésuite pour que croisse en nos pays le nombre des serviteurs de la mission du Christ selon le charisme ignatien. C’est l’affaire de tous ; il y a un coordinateur ; depuis dix ans une moyenne de quatre candidats entrent chaque année au noviciat de Cyangugu.

2. La formation des jeunes compagnons…

… dans la tradition ignatienne en tenant compte des défis actuels et futurs. C’est le noviciat de Cyangugu et la maison d’étudiants de Butare, ainsi que les années de régence dans nos œuvres ; et c’est l’intégration des scolastiques en temps de vacances dans nos communautés apostoliques.

3. L’apostolat spirituel…

… dans deux centres de retraite (Kiriri et Christus), par l’animation des communautés de vie chrétienne (CVX), et dans les services de la Vie consacrée (Asuma, Oblates).

4. L’apostolat d’éducation,…

...en consolidant la tradition du Collège du Saint Esprit de Bujumbura, et en créant une nouvelle œuvre au Rwanda, tout en rendant des services limités aux Universités, Instituts et Séminaires. Les écoles primaires de Nyabiyorwa et de Kibagabaga ont été créées dans cette ligne.

5. L’apostolat social…

par des engagements significatifs pour les jeunes sans formation (Mizero), pour les réfugiés dans les deux pays, pour les malades du Sida (Service Yezu Mwiza) ; et par toute forme de promotion de la réconciliation sociale.

6. Les services paroissiaux …

… dans nos églises et chapelles, en lien avec les paroisses, surtout pour les Eucharisties, les mariages, les funérailles (Kiriri, Gihosha, Christus, Kimironko, ainsi que Butare et Cyangugu).

Le nombre de jésuites engagés à temps plein en ces apostolats est réduit : 16 prêtres, 6 scolastiques (cfr. la note sur les effectifs de la Région). Par contre le nombre de jeunes compagnons en formation est élevé : 45 en 2009. Dans la formation, priorité est donnée à la philosophie et la théologie pour préparer à l’apostolat spirituel sacerdotal ; puis les études de sciences sociales et de gestion pour gérer les institutions des apostolats, enfin il y a des études plus spécialisées en vue de l’éducation et de l’action sociale.

Un projet apostolique est une réalité vivante, toujours en voie d’évaluation, toujours soumise au feu de nouveaux défis. Aujourd’hui la 35 ème Congrégation Générale de la Compagnie de Jésus de 2008 a invité tous les jésuites à regarder au-delà de leurs frontières habituelles. Les jésuites de la Région s’engagent dans ce chemin.

Les jésuites du Rwanda et du Burundi sont-ils tous unanimement galvanisés par leur projet apostolique ? Ce serait

audacieux de le dire ; au moins ils ont un idéal apostolique commun. Ces hommes, peu nombreux, obtiennent-ils tous les soutiens nécessaires dans leurs partenariats avec d’autres artisans du Royaume en Afrique ? Une réponse légèrement affirmative peut être donnée ; l’interpellation est lancée.