Après la rencontre de Loyola, les supérieurs majeurs d’Afrique et de Madagascar convoquèrent en juillet 2006 un groupe de jésuites africains à Nairobi, Kenya, pour commencer l’exploration sur les possibilités d’un enseignement supérieur pour l’Afrique et Madagascar. Les délégués venaient de Tanzanie, du Nigeria, d’Ethiopie, du Mozambique, de la République démocratique du Congo, de l’Ouganda, de Madagascar et du Kenya. Au terme de cette rencontre, et avec l’aide du Peace and Global Studies Center du Collège jésuite de Syracuse, Le Moyne College, un sondage électronique fut envoyé aux jésuites d’Afrique et de Madagascar, leur demandant d’indiquer leurs premières opinions au sujet d’un engagement de la Compagnie dans l’enseignement supérieur en Afrique et Madagascar. La réponse des jésuites de la Conférence, spécialement parmi les plus jeunes scolastiques jésuites et parmi ceux engagés dans les études spéciales fut encourageante. Les données du sondage apportèrent une information appréciable sur les possibilités d’avenir et sur les obstacles possibles. Par la suite, les supérieurs jésuites d’Afrique et de Madagascar ont constituéune commission composée des membres des sept provinces et des régions autonomes de l’Assistance. Le P. Charles Onyango Oduke, SJ (Ph. D. Boston College) de la Province d’Afrique de l’Est fut désigné pour superviser le projet.
En avril 2007, Peter Hans Kolvenbach, alors Supérieur Général de la Compagnie de Jésus, suggéra au P. Charles Beirne, Président de Le Moyne, l’idée d’ une année sabbatique afin d’aider les jésuites d’Afrique et de Madagascar en tant que consultant dudit projet.
Le P. Kolvenbach jugeait que la large expérience du P. Beirnes dans l’enseignement secondaire et supérieur en Amérique Centrale, au Porto Rico et aux Etats Unis serait inspirante pour les jésuites d’Afrique et de Madagascar dans la gestation de cette nouvelle entreprise. C’est ainsi qu’il participa comme consultant à la réunion de Nairobi en juillet 2006.
Depuis 2007, les Pères Oduke et Beirne et beaucoup d’autres entreprirent la tâche importante d’analyser les réponses du sondage et d’élaborer des modèles pertinents d’implication dans l’éducation supérieure jésuite en Afrique et Madagascar ; en outre, ils ont débuté une exploration des voies et moyens qui contribueraient à la réalisation desdits modèles.
Lors de la réunion du JESAM, à Cape Coast, Ghana, en avril dernier, les supérieurs majeurs, après examen, discussions et discernement approfondis, ont décidé la dissolution de la commission du JUAM. La décision fut prise au vu de deux réalités qui ont un impact constant sur notre Conférence. La première réalité est le fait pour nous d’éprouver de grandes difficultés dans le maintien de nos instituts d’enseignement supérieur actuels eu égard à l’insuffisance de staff ; et ce, en dépit de la priorité accordée à la formations des Nôtres dans la Conférence. Compte tenu des arguments précédents, nous avons considéré qu’aujourd’hui nous ne sommes pas capables de prendre un nouvel engagement d’importance dans l’enseignement supérieur tel qu’une université jésuite. La seconde réalité est que dans nos provinces et dans nos régions comme dans nos actuelles institutions du JESAM, certaines évoluent résolument vers le statu d’universités. A ce titre, quelques unes connaissent déjà des développements autonomes; d’autres n’attendent plus que les accréditations des gouvernements de leurs pays en matière de reconnaissance de statut. En d’autres mots, il y a déjà des décisions prises à l’intérieur des institutions de la Conférence et de ses provinces et régions à propos de projets dans le secteur de l’enseignement supérieur, et qui ont des implications pour nous et pour notre personnel disponible.
Il est clair pour les supérieurs majeurs d’Afrique et de Madagascar qu’il y a un urgent besoin que notre Conférence réfléchisse d’une façon plus générale sur les plans de ces institutions soumises à notre juridiction. Et il ne nous semble pas possible ni opportun pour le moment de concevoir une réponse à cette situation en termes d’université jésuite, mais plutôt par une politique de l’enseignement supérieur au sein de notre Conférence.
Nous considérons que ces institutions représentent une créativité, un courage et un engagement considérables de la part des jésuites de notre Conférence, et qu’ils ont déjà accompli de grandes réalisations, même si cela n’est pas toujours connu dans la Conférence. Nous avons l’obligation de travailler à coordonner ces institutions et leur développement futur par une politique commune du JESAM plutôt qu’en pensant à une nouvelle institution quelle qu’elle soit.
Nous savons que cette décision signifiera une grande déception pour beaucoup d’entre vous, spécialement après que tant d’efforts et d’énergie aient déjà été déployés pour ce projet. L’optimisme manifesté par tant d’entre vous dans vos réponses au sondage était encourageant et montrait un grand désir au sein de la Conférence de mettre en œuvre l’apostolat d’une université jésuite en Afrique et Madagascar. Dans ses délibérations sur l’apostolat intellectuel, la CG 35 recommandait que « les jeunes jésuites soient encouragés à le prendre en considération [l’apostolat intellectuel] et à y être affectés » et il affirme « qu’il est crucial que l’apostolat intellectuel favorise toute forme possible de collaboration entre personnes, équipes, centres et revues, en promouvant le travail en réseaux, en sélectionnant des pôles d’excellence et en choisissant les institutions qui peuvent assurer la recherche. » Certainement, cette disposition était évidente vu l’intense intérêt et l’enthousiasme que vous avez montrés tout au long du projet.
En union d’esprit et de cœur.
P. Fratern Masawe, SJ
Modérateur du JESAM
En la fête de Marie Reine
22 août 2009
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