Levée de deuil définitive du Père Elie Koma Nkingiyurugamba s.j.

Ce 13 sept.-08 les jésuites de la Région Rwanda-Burundi, la famille du Père Elie Koma Nkingiyurugamba ainsi que leurs amis s’étaient donnés rendez-vous au Lycée du Saint-Esprit pour procéder à sa levée de deuil définitive.

Tout a commencé par le dépôt d’une gerbe de fleurs sur sa tombe sis dans la communauté du Centre Spirituel de Kiriri à 10 h 45.

Après le dépôt de gerbe de fleurs, nous nous sommes dirigés immédiatement vers la chapelle du Sacré Cœur (au Lycée du Saint Esprit) pour la messe. Son excellence l’Archevêque de Bujumbura Evariste Ngoyagoye a présidé l’Eucharistie. Deux chorales ont participé à l’animation de cette célébration : la chorale Saint Ignace qui aident dans cette même chapelle dans la messe de 8 h 15 et la chorale du Mouvement Sacerdotal Marial qui avait le Père Elie Koma comme Aumônier.

Les textes circonstanciels qui avaient été choisi pour cette occasion étaient : Jérémie 1, 4-10, 2 Tim 4, 1-10 et Jn 15, 1-10.

Après avoir salué le public et leur souhaité la bienvenue, le Père Guillaume Ndayishimiye Bonja s.j. nous a rappelé que le Père Elie est mort le premier samedi du mois de Février, en la fête de la Sainte Vierge Marie.

Commentant les textes proposés, le Père Guillaume Ndayishimiye Bonja nous a montré que le Père Elie Koma ne pouvait pas être comparé au prophète Jérémie qui ne savait pas parler, loin de là, Elie était un homme de parole, un homme plein d’énergie et de vigueur. Le seul point de rencontre avec le prophète Jérémie, c’est parce qu’Elie Koma avait compris le message adressé au prophète. « Partout où je t’envoie, tu y vas, tout ce que je te commande, tu le dis ; n’aie peur de personne » (Jr1, 7-8).

Elie Koma, tel un homme authentique, a su réconcilier en lui les contraires : la rigueur et la douceur, la fermeté mais aussi la tendresse. Il avait intériorisé la phrase du Christ à ses disciples : « Soyez prudents comme des serpents et doux comme des colombes ». Il n’avait pas peur de dire la vérité, d’ailleurs, la vérité était pour lui la marque de son être. C’est pourquoi, tel le prophète Elie, il a pu déraciner les faux dieux dans la capitale de Bujumbura. Les faux dieux d’argent, le mensonge, la corruption, l’avortement volontaire etc.

Elie Koma était un très bon conseiller. Il conseillait les laïcs, les religieux et religieuses. Il aimait la vie consacrée en générale et il aimait de façon particulière la Compagnie de Jésus. Dans sa prière, il ne pouvait jamais oublier de prier pour les novices.

Après une journée bien chargée, le Père Elie ne pouvait se reposer sans se retirer dans la chapelle pour prier le chapeler, l’office et ainsi terminer sa journée dans la paix avec son Seigneur et sa Mère très sainte. Vrai successeur de Gabriel Barakana, on n’oubliera jamais la dévotion d’Elie Koma à la Sainte Vierge Marie. Oui, ces paroles peuvent lui être attribué: « J’ai combattu le beau combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Dès maintenant m’est réservée la couronne de justice qu’en retour me donnera le Seigneur, en ce jour-là, lui le juste juge ».

Elie Koma a été ordonné le 15 juin 1980 par le Pape Jean Paul II. Sa devise était : « comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés ; demeurez dans mon amour ». Elie Koma a marché selon le commandement d’amour. Il visitait les malades, il réconfortait les souffrants, et surtout les consacrés. Tous les samedis, Elie se rendait dans la maison des prêtres âgés pour leur rendre visite et les encourager. Un autre exemple de cet amour d’Elie, c’était justement toute cette assemblée qui était venue à cette circonstance pour lui témoigner son amour et son attachement.

Dans la suite des cérémonies, tous les intervenants revenaient sur ce personnage exceptionnel du Père Elie et ne cessaient de rendre grâce pour ce don précieux que Dieu a donné à son Eglise.

Cher Elie Koma, tu es vraiment vivant dans nos esprits malgré ton absence physique. Tu es à jamais présent par ta façon d’agir et de réagir. Tu ne cesses de nous interpeller par ta vérité et ton amour. Ton regard nous pousse sans cesse vers la suite du Christ, lui ton maître et ton Seigneur. « Un grain qui ne meurt reste seul », nous espérons que ta mort arrosera nos cœurs et que ta prière au Ciel nous obtiendra beaucoup de saints jésuites, de saintes familles et par conséquent une Sainte Eglise.

Bernard Karerwa sj

Lycée du Saint- Esprit, Bujumbura-Burundi