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Devenir Jésuite
Devenir Jésuite, avouons-le, est une œuvre de longue haleine. Certes il y a, au départ l’appel du Christ qui peut être foudroyant ou lent, un désir joyeux d’être entièrement au Seigneur de cette manière et le sentiment persistant que le bonheur est à ce prix.
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Ce désir d’entrer dans le Compagnie de Jésus sera éprouvé par un certain nombre de personnes (jésuites et non-jésuites) et pendant un laps de temps variable (généralement un an de stage) avant que le candidat ne soit admis au Noviciat.Alors commence la longue période de formation qui ne se terminera lors des derniers vœux.
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Une moyenne de 12 ans pour les prêtres et une période moins longue pour les frères jésuites. Cependant, nous qui avons vécu cette expérience trouvons que ce temps passe vite.
La vocation jésuite et ses exigences
Le jeune homme qui choisit la Compagnie de Jésus doit savoir pourquoi il opte pour cette voie plutôt que celle de prêtre séculier, de dominicain, de salésien ou de bénédictin. Nous voudrions dégager ici, sans d’ailleurs chercher à faire des comparaisons avec d’autres vocations, trois exigences qui sont capitales dans la vie du jésuite.
Un élan spirituel
L’appel à la Compagnie de Jésus est un don de Dieu, une grâce. Cet appel peut se manifester de façon claire et rapide ou croître silencieusement et lentement. Il sera reconnu par les Supérieurs de l’Ordre qui admettent le jeune homme au Noviciat et, plus tard, aux vœux. De toute manière, il en résulte un désir joyeux, un vrai enthousiasme, de servir le Seigneur dans ce genre de vie consacrée qu’on connaîtra progressivement, et un sentiment permanent que le bonheur est à ce prix. Au début de cette longue marche, il y a le Noviciat de deux ans où l’on expérimente longuement cette emprise spirituelle, la présence agissante de Dieu, l’on discerne les différents aspects de cet appel toujours nouveau à être compagnon de Jésus. Le sommet de cette période c’est la grande retraite de 30 jours.
Tout au long de la formation qui suivra, et plus tard, le jésuite est invité, |
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en dehors des Exercices Spirituels normaux et quotidiens, à replonger dans ces sentiments de reconnaissance et de joie, et renouveler son élan spirituel, dans une retraite de 8 jours, chaque année. A la fin de sa formation,il refera une troisième année de Noviciat, avec la Grande Retraite.Tout cela est fait pour garder, et si possible accroître, cet élan spirituel qui doit nourrir le jésuite dans tout ce qu’il entreprend.C’est qu’on ne sert pas Dieu dans la morosité. |
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Accepter une formation longue et exigeante
Cette formation est faite avant tout d’études, mais aussi d’expériences apostoliques. Elle garantit l’ouverture d’esprit et la capacité et même la passion de comprendre les exigences de Dieu et la complexité de l’homme. Le Père Arrupe écrivait : « Il convient de répéter ici ce que la Compagnie n’a cessé d’affirmer, y compris dans les dernières Congrégations générales : à savoir le maintien d’une option intellectuelle forte en vue de la préparation apostolique. Conformément à toute sa tradition, la Compagnie confirme dès lors qu’elle attend de tous ses scolastiques un sérieux engagement dans les études. »
Après ces études longues, que l’on appelle la ‘première formation’, le jésuite est encore appelé à assurer, dans la vie, une « formation permanente ». Les Pères Généraux Arrupe et Kolvenbach y ont récemment insisté. Cette formation comprend deux domaines :
1. La croissance et la maturation de la personnalité dans toutes les étapes de la vie et de la foi. En effet, l’homme qui ne croît pas est mort.
2. L’acquisition des savoirs et savoir-faire requis pour l’accomplissement de nos missions apostoliques.
Cette exigence de la formation doit être clairement signalée à tout candidat qui vient frapper à la porte de la Compagnie.
La disponibilité apostolique totale |
Le jésuite est un « apôtre », dans l’Eglise de Jésus-Christ. Il ne serait pas compagnon de Jésus s’il n’était pas, comme le Christ, envoyé pour évangéliser, faire croître le Royaume de Dieu, faire grandir tout homme et tous les hommes selon le plan du Souverain créateur, pour une plénitude de vie heureuse.L’on a parfois parlé de la Compagnie de Jésus comme d’une armée disciplinée au service du Pape, |
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et l’on a souvent interprété négativement l’expression audacieuse « obéir comme un cadavre » de Saint Ignace dans sa lettre aux scolastiques de Coïmbre. Il reste que ces expressions ambiguës veulent souligner l’exigence des exigences de la vocation jésuite : une disponibilité apostolique totale. Il s’agit d’obéir d’une façon motivée (en y mettant tout son esprit, son intelligence et son cœur) et responsable. L’on n’entre pas dans la Compagnie pour réaliser ses propres ambitions, qui sont souvent mesquines et égoïstes, mais pour accomplir la volonté de Dieu exprimée par la Compagnie. Dès que l’on commence à jouer au cache-cache avec cette exigence, l’on n’est plus dans le droit chemin, on cesse d’être jésuite. Par conséquent, les études que l’on fait, les apostolats que l’on exerce, les lieux où l’on va habiter… tout cela nous est donné de la Compagnie, suivant les besoins apostoliques et pas les caprices du jésuite. ‘D’une manière particulière, au temps de la formation, les jésuites auront à découvrir plus concrètement comme intégrer l’exercice responsable de leur liberté dans une vie marquée par l’obéissance et par la remise totale d’eux-mêmes à la Compagnie.’ Il faut ajouter que c’est cette disponibilité, cette totale docilité à Dieu qui fait du jésuite un homme heureux
Les Etapes de la Formation .
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