Je me rappelle de ma première rencontre avec la Compagnie de Jésus. J’étais en 4ième Latine, au cours d’une leçon sur l’histoire de la Contre Réforme catholique au 16ième siècle, le professeur nous a signalé que l’auteur du manuel d’histoire, Jésuite, avait égoïstement insisté sur la fondation de la Compagnie et ignoré d’autres Congrégations nées à la même époque, les théatins etc.. Pour cette raison il nous dispensait de lire les pages sur les Jésuites. Je les ai lues par défi et par curiosité. Et j’ai pensé tout de suite à la possibilité de devenir jésuite. Sentiment très romantique qui m’a amené à lire tout ce que je trouvais sur l’Ordre de Saint Ignace et à m’informer sur tout ce qui le concernait. Les chansons du P. Duval me remplissaient d’une joie immense. En 1957, j’ai vu partir pour Djuma Jean- Berchmans Gasenge et Sylvestre Nsanzimana (qui a quitté pendant le noviciat). C’était donc possible pour moi. J’ai commencé les démarches et en mai 1959, j’étais admis au Noviciat.
Pour rejoindre Djuma il y avait, cette année, une possibilité de le faire en voiture. Un professeur belge du Collège du Saint-Esprit de Bujumbura se rendait au Collège Albert de Léopoldville et désirait avoir sa voiture. Le P. Gustave Seigneur se proposa d’amener cette voiture. C’est ainsi que les trois candidats du Rwanda que nous étions, Edouard Gasarabwe, Gabriel Rutagengwa (qui se sont retirés pendant la philosophie) et moi-même, eûmes la chance de profiter de cette occasion de nous rendre de Bukavu à Kikwit par route : un voyage plein de surprises pittoresques qui a pris toute une semaine. Le P. Seigneur nous a laissés à Kikwit pour continuer son voyage vers Léopoldville.
Question : Et ta vie dans la Compagnie ?
Cela fait aujourd’hui 50 ans. Cinquante ans de rencontres merveilleuses : des hommes austères mais humbles, comme mon Père Maître, qui pouvaient tout exiger sans décourager, des professeurs aux propos tonifiants qui réveillaient en nous l’envie d’atteindre des sommets,
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