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Fin des vacances, le travail académique prend le relais.

Après trois semaines supplémentaires de vacances, les étudiants (nouveaux et anciens) s’attèlent à plier bagages pour commencer ce 28 janvier 2008 une nouvelle année académique. Quelle a été la cause du retard dans le commencement de cette année?
La cause majeure de ce retard est liée à la mise en place par l’Etat Rwandais d’un mécanisme de remboursement du prêt bourse. Il s’agit d’une mesure prise par l’Etat suite à une grande pression de bailleurs de fonds du budget national. Ces derniers étaient déterminés à refuser au gouvernement la deuxième tranche du budget si rien n’était fait pour faire rembourser le prêt bourse. Cette exigence a été prise en considération par l’Etat ; la citation de E. Van Eeden en dirait plus : « Ne cherchez pas à plaire à la masse, mais aux meilleurs. » Qui étaient meilleurs pour l’Etat à cet instant ? Les étudiants ou les
bailleurs ?
Début mai 2007, la Ministre de l’Education, Mme Jeanne d’Arc Mujawamariya se mit à l’oeuvre. Elle sillonna tout le pays visitant les différents instituts et universités concernés par la nouvelle mesure prise par l’Etat, celle de recevoir le Prêt bourse comme un crédit remboursable avec intérêts à la banque donatrice.
Ladite mesure a chauffé les têtes de pas mal d’étudiants. Et les banques qui ont été contactées pour pouvoir aider l’Etat à accorder le crédit ont jeté l’éponge. Aucune d’entre elles n’osa s’aventurer dans cette affaire jugée sans garantie. Quoi qu’il en soit, le problème devrait trouver une solution juste et équitable. Pour y parvenir, l’Etat a recouru à SFAR (Student Financing Agency For Rwanda).
Cette agence remit tout à zéro. elle demanda à tous les étudiants (nouveaux et anciens) boursiers de faire une autre demande de prêt bourse. Il leur donna un formulaire bien fait pour faciliter la tâche. En plus de ce formulaire, l’étudiant devait se munir d’une attestation de propriété énumérant les biens et salaires de ses parents ou de son tuteur. Cette attestation devait être certifiée et signée par l’autorité civile de la petite entité communément appelée ‘umudugudu’.
Et l’ensemble du dossier devait servir lors la sélection des étudiants ayant besoin du prêt bourse. Etait-ce une bonne manière de procéder ?
‘Les mauvaises habitudes ont toujours une peau dure’, nous dit un adage, pour signifier que les bénéficiaires ne sont pas toujours les nécessiteux. Et cela n’est pas le fait du hasard, mais l’effet néfaste de l’individualisme caractérisé et du capitalisme sauvage qui ronge notre société. Dans celle-ci règne la loi du plus fort. Les pauvres, les marginalisés, les laissés pour compte n’y ont pas de place. Est-ce une société humaine ou s’agit-il purement et simplement d’une jungle où les plus forts se nourrissent des plus faibles ?
Comme il a été mentionné dans les lignes précédentes, la Ministre de l’Education a pris la lourde tâche d’expliquer et d’ essayer de convaincre les étudiants de la nouvelle mesure prise par l’Etat. Elle a été appuyée par la réunion du Conseil des Ministres du 2 novembre 2007 qui approuva le décret présidentiel donnant les éclaircissements sur les conditions requises pour recevoir la bourse ou le prêt bourse, et sur les critères à suivre pour accorder la bourse ou le prêt bourse. A titre d’exemple, pour les élèves ayant suivi les sections Biochimie et Math physique, ils doivent avoir une note de distinction pour bénéficier d’une bourse. Et pour ceux d’autres sections, ils doivent avoir une note de grande distinction. Concernant le prêt bourse, les élèves de Biochimie, Math physique doivent finir leurs humanités avec une note de satisfaction, et une note de distinction pour les élèves ayant suivi des autres sections.
Ce prêt bourse rassemble le coût des études et des autres charges, selon le besoin de l’étudiant. Ce dernier a un certain pourcentage de ce coût qu’il devra rembourser une fois au travail.
Ce pourcentage équivaut au prêt bourse que l’étudiant reçoit en mains. Le reste du pourcentage revient à l’Etat. C’est la contribution de l’Etat au coût de formation de l’étudiant.
A l’heure où nous sommes, presque 76% de demandes de prêt bourse ont reçu une réponse favorable. Et 24% sont en train d’effectuer des recours, et espèrent eux aussi une réponse non contraignante.

sc. René Shema,sj.