L’apport de l’Église Catholique dans la réconciliation nationale. Ce qu’elle a fait et ce qu’elle compte faire Introduction Le conflit au Rwanda qui a abouti au génocide est unique. Ailleurs des conflits sont souvent basés sur des différences suffisamment claires tel que la langue, la culture, le territoire, les origines, la religion etc.… Pour la réconciliation on cherche des points communs sur lesquels on peut construire l’unité et la réconciliation. Om souligne les points communs pour arriver à l’entente. Au contraire dans le cas Rwandais on a presque tout en commun de façon que pour créer et renforcer la division on a dû inventer des théories non scientifiques pour prouver qu’il y a les ethnies différentes et d’origines différentes. Il fut un temps ou même on affirmait que les Hutu, les Tutsi et les Twa sont des races différentes pour accentuer leur différences et aggraver la division. Les différences qui divisent les Rwandais sont purement politiques et artificielles. Je crois que dans la nature humaine, qui est blessée par le péché originaire, la division doit être la toute première branche de l’arbre du péché originaire. L’homme a toujours la tentation et le péché de division et il cherche comment la mettre en pratique. S’il trouve les différences parmi les gens ils se sert de ces différences comme base et fondement de division et conflit. Même là ou on n’a pas de différences suffisantes pour la division on les crée. Étant donné beaucoup de points communs qui caractérisaient la communion et l’unité naturelle de la communauté Rwandaise, le génocide rwandais est unique parce que c’est un fratricide dans le vrai sens du mot. Le génocide au Rwanda a touché les relations humaines les plus intimes. On a tué des voisins avec qui on a vécut, grandit et partager beaucoup dès l’enfance. On a tué les camarades de l’école et les paroissiens. On a tué les marraines et les parrains de baptême. Les tueries sont allés jusqu’au mariage qu’on considère mixed suivant les critères ethniques. Par conséquent le génocide au Rwanda a laissé des blessures très profondes et très graves, des traumas et enfin aboutir à la réconciliation. La gestion des conséquences du génocide et le processus de la Réconciliation par l’Eglise Catholique peut être divisé en trois parie :
Après le génocide c’était une période très difficile. On avait perdu tout, les personnes, les biens, les structures détruites, le courage, même le sens de la vie pour beaucoup de personne. On disait souvent qu’on n’était pas mieux que les morts pour quoi est ce que nous vivons ? Beaucoup de personnes étaient désespérées, traumatisés et dépourvues de tout. Le choc, la corrèle, rancœur, remords, la haine, la peur, les soupçons, accusation, le chagrin, tout un mélange des sentiments régnaient. Il y avait les morts partout sur les collines sans un enterrement propre. On avait des milieu d’orphelins parmi eux les petit sans aucune référence de famille, les veuves, les handicapés, les prisonniers, les enfants seuls dont les parents sont en prisons. Toutes ces personnes vivaient sur les mêmes collines et même villes fréquentant les mêmes écoles et mêmes églises. Il y avait aussi les milliers des réfugiés dans la république Démocratique du Congo qui menaçait de revenir faire la guerre. Si notre pays est ce qu’il est maintenant c’est un miracle parce que ça été relevé des cendres. Dans cette reconstruction de la communauté Rwandaise l’Eglise a joué un rôle important. Pour ce temps d’urgences et de secours L’Eglise à travers ses services de Caritas et d’autres organismes appuyée par la Caritas, les Caritas d’Europe et Amérique s’est concentrait d’abord sur les besoins matériels de base tel que la nourriture, le logement les soins médicaux, réhabilitation des écoles et les centres de santés. Avec le retour massif des réfugies en 1996 il fallait accueillir et installer ces réfugies dans le pays. Et les milliers des prisonniers Cette période était une période de tension, instabilité et d’insécurité. On avait peur. L’Eglise a joué un rôle de calmer les esprits, de réfléchir sur le mal du péché et ses conséquences et l’espérance chrétienne qui nous assure la victoire du Christ sur le péché, le mal et la mort. Petit à petit on sortait de cette situation traumatisante.
Avec l’année 1997 l’Eglise universelle a commence les préparatifs pour le jubilée de 2000 ans du Christianisme et au Rwanda particulièrement ça coïncidait avec 100 ans d’évangélisation. Comme on venait de vivre une expérience choquante d’un génocide, malgré que le Rwanda était 58% catholiques, on se demandait si on allait fêter le jubilée comme tout le monde. Il y en a qui disaient il faut tout simplement laisser tomber le jubilée nous n’avons rien à célébrer nous devons plutôt pleurer les nôtres. Il y a eu des réflexions et des discussions sur comment vivre et événement important dans l’histoire de l’Eglise universelle et en particulier l’église au Rwanda. Malgré ce qu’on venait de vivre on ne pouvait pas laisser passer un événement aussi important dans la vie de l’Eglise. Il fallait trouver la façon de vivre cet événement adapté à notre situation. Il a été décidé de préparer le jubilée de 2000 ans du Christianisme et de 100 ans d’évangélisation au Rwanda par les synodes extraordinaires diocésains. Un synode normalement est un moment de révision de vie chrétienne dans une église particulière. C’était juste ce qu’il fallait pour l’Eglise du Rwanda après le génocide où beaucoup des membres de l’église étaient impliqués d’autres était victimes et on continuait à vivre, prier et travailler ensemble dans la même église. La réconciliation était une nécessité absolue. Un synode spécial dans chaque diocèse était déclaré pour examiner le problème ethnique, la conversation et la réconciliation. L’expérience du génocide était unique et un grand défis pour la pastorale. Pour une pastorale de réconciliation il fallait forger une pastorale spéciale pour répondre aux besoins. Les gens étaient tellement blessés et traumatisés. Il y a les témoignages des gens qui pouvaient se saluer difficilement où échanger un signe de paix pendant la messe. Le premier problème qui pesait dans les cœurs c’était la mort de tant de membres de familles et des amis pour lesquels on n’a pas pu faire le deuil et les accompagner comme il faut. Normalement quand nous perdons un membre de famille nous prenons le temps de pleurer, accepter la souffrance de cette perte et sortir de deuil pour retourner à la vie normale. Mais avec tant de personnes morts à la fois sans leurs deuil ça pèse beaucoup sur les personnes il faut faire le deuil ; C’est une façon aussi de se réconcilier avec nos morts. Tous les diocèses ont les résolutions et les recommandations du synode extraordinaires particulièrement sur la réconciliation a titre d’exemple dans l’Archidiocèse de Kigali les résolutions étaient au cour de ce thème « je n’oublie jamais que tu es mon frère » (Sinzongera kwibagirwa ko uri umuvandimwe wange). On est résolu de faire l’effort de voir l’image de Dieu en l’autre et constater son identité dans l’autre, s’identifié avec l’autre parce que nous sommes tous crées dans le même image de Dieu. A Cyangugu les résolutions étaient autour du même thème. Dans le diocèse de Nyundo les résolutions sont autour du thème « la foi Chrétienne doit nous engendrer la fraternité authentique » (Ubukristu bugomba kutubyarira ubuvandimwe) Pendant le synode on a insisté beaucoup sur le pardon, demande de pardon et pardonner. Le pardon guérit et libère la personne. Le pardon donne la paix. On a eu des fruits surtout dans les prisons, beaucoup de personnes ont confessé et demandé pardon. Dans les prisons par exemple à Rilima avait commencé le Gacaca où ce qui mettaient ensemble leur histoire pour établir la vérité et établir les vrais coupables et les innocents. Il y a eu aussi le cas des rescapés qui ont eu le courage de pardonner ce qui ont tué les membres de leurs familles. Il y en a qui venaient nous demander si ils ont étés pardonnés par les rescapés des familles qu’ils ont tué qu’est ce qu’ils doivent faire encore. Doivent-il encore aller à la justice si ils sont pardonnés ; Est-ce que ce n’est pas fini ? On a du clarifier que le synode,qu’on appelait aussi Gacaca Nkiristu avant que commence les juridictions Gacaca, ne remplace pas les juridictions ou le tribunal pour la justice. Il facilite la réconciliation et la justice.
La réconciliation authentique doit être fondé sur la justice. La réconciliation n’exclut pas la justice ; Alors quand les juridictions Gacaca ont commencé l synode avait préparé un terrain pour cette justice qui réconcilie. La Conférence des Evêques a écrit deux lettres pastorales pour accompagner les fidèles pour la réussite des juridictions Gacaca. La première lettre pastorale sur les juridiction Gacaca « ubutabera bwunga » (La justice qui réconcilie) du 13 Juin 2002. L& deuxième est intitulé « Gacaca niyunge koko kandi yubake » (Que le Gacaca réconcilie vraiment et qu’il construise) de 2006. Le synode, suivi des lettres pastorales, a aidé beaucoup pour la préparation des juridictions Gacaca. Après le synode la commission justice et paix était particulièrement chargée de la réconciliation. La commission était crée et renforcée à tous les niveaux, la conférence épiscopale, les diocèses, les paroisse, les centrales jusqu ‘au niveau des communautés ecclésiales de base. Après le synode la commission justice et paix a fait une planification d’activité à court terme et à long terme ainsi que la Caritas et la pastorale sociale en générale. La commission justice et paix qui était concernée en première lieu a planifié
La Caritas a fait la planification sur la solidarité, l’entraide pour les plus faible et les démunis. Ici on met la réconciliation en pratique ; Il y a 2 exemples concrets.
Dans l’effort de la réconciliation nationale l’Eglise donne l’âme à cette énorme entreprise. D’abord on doit se réconcilier avec Dieu et puis se réconcilier avec soi-même et puis se réconcilier avec les autres. L’Eglise est irremplaçable dans cette réconciliation. C’est un projet de vie cette réconciliation sera toujours nécessaire. Abbé Antoine KAMBANDA |