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C’est pourquoi, chaque matin, le prêtre est invité à commencer sa journée en se mettant à l’écoute de la Parole : « Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche publiera ta louange. » C’est là la formule d’ouverture de l’office du bréviaire auquel le prêtre est tenu, afin d’en faire sa prière quotidienne, sa louange, et sa supplication. Car « si le Seigneur ne construit la maison, les travailleurs peinent en vain ». Cette prière attentive à la Parole de Dieu, prière qui se fait méditation, écoute, lectio divina, « nous prévient contre la tentation toujours possibles de devenir l’esclave de nos projets, de nos combats, cette prière nos garde contre l’oubli si facile que le fruit de nos travaux et de nos luttes reste toujours fondamentalement un don de Dieu. » (L. Caza). Il faut donc que le prêtre remette chaque jour le fruit de son labeur, les décisions à prendre, les personnes à rencontrer, au pied du Seigneur à travers sa prière. Et cela se vit tout particulièrement à travers sa fréquentation des Ecritures, se laissant inspirer par elle, se laissant habiter par sa puissance de résurrection, qui a ce pouvoir de transfigurer peu à peu son cœur à l’image de Celui qu’il rencontre dans les écritures : « Viens à moi avec ton cœur et tu verras avec mes yeux. » (Proverbe Arabe.)
« La Parole me réveille chaque matin, chaque matin elle me réveille pour que j’écoute comme celui qui se laisse instruire. » Cette Parole devrait habiter le prêtre à tous les jours, à son coucher comme à son lever, méditant les textes de l’Ecriture que la liturgie du jour l’appelle à entendre, à proclamer, et à commenter. Car il ne s’agit pas simplement de réfléchir sur un texte, d’y puiser de bonnes pistes d’homélies, mais il s’agit avant tout d’une rencontre avec le Vivant. Rappelons-nous que le Verbe s’est fait chaire et qu’il a habité parmi nous. C’est ce Verbe qui continue de se donner à celui qui scrute les Ecritures, qui y entend la voix du Bienaimé. Cette Parole de Dieu elle est toujours pour aujourd’hui. C’est l’aujourd’hui de Dieu, qui se dit à travers elle pour chacun de nous et pour tous ceux et celles qui se renouvelle constamment pour celui qui l’accueille comme venant de Dieu. Le prêtre qui cherche sans cesse à entrer dans cette dynamique de la Parole de Dieu ne peut qu’y trouver une force qui le renouvelle lui-même intérieurement. Vatican II parle de l’importance pour le prêtre d’être témoin, « d’avoir une belle conduite ». Le cœur qui s’ouvre à la Parole ne peut sortir de cette rencontre sans être changé. Rappelons-nous ce texte du prophète Isaïe 55,10-11 :
« La pluie et la neige tombent du ciel, mais elle n’y retournent pas sans avoir arrosé la terre, sans l’avoir rendue fertile, sans avoir fait germer les graines. Elles procurent ainsi ce qu’il faut pour semer et ce qu’il faut pour se nourrir. Eh bien, il en est de même pour ma Parole, pour ma promesse : elle ne revient pas à moi sans avoir produit d’effet, sans avoir réalisé ce que je voulais, sans avoir atteint le but que je lui avais fixé. »
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