L'Eucharistie et le sacerdoce |
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Eucharistie et sacerdoce sont intimement unis. C'est ce que je souhaite éclairer quelque peu. Mais cette unité de l'Eucharistie et du sacerdoce ne trouve son sens plénier que si l'on considère également les liens profonds entre sacerdoce ministériel et sacerdoce baptismal. |
Le sens de l'Eucharistie n'est pas différent pour le prêtre, le laïc, le consacré, tous membres de l'unique Peuple de Dieu par le baptême ; le rôle du prêtre et du laïc sont différents, et dans l'Eucharistie et dans la vie. Par là, le lien du prêtre à l'Eucharistie est plus étroit.
Au cœur de la vie du prêtre, au cœur de la vie du chrétien : l'Eucharistie. Pourquoi ? l'Eucharistie = le mystère pascal - vie reçue, vie donnée , action de grâces, amour. |
Au cœur et à la source de l'Eucharistie, de la vie chrétienne :
{mystère du Christ
{mystère de l'Eglise
c.a.d. L'ALLIANCE, alliance d'Amour. Le Christ Jésus, dans son mystère pascal, est source de tous les sacrements ; il est l'unique prêtre, il est notre Alliance. |
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Sacrifice de la Nouvelle Alliance - Dieu se donne à nous, s'unit à nous
{dans le Christ
{par l'Eglise
Le chrétien se donne {à Dieu dans/par le Christ et dans l'Eglise
{à ses frères et sœurs
Le sacrifice = notre vie
Le mystère du Christ, le mystère de Dieu nous est manifesté (et comme concentré) dans le mystère pascal :
-. "Dieu a tant aimé le monde qu'Il a donné son Fils, son Unique, pour que tout homme qui croit en Lui ait la vie éternelle" (Jn 3, 16)
-. "Me voici, Père, je viens pour faire ta volonté" (Héb. 10,9) : vie reçue, vie offerte, vie donnée.
-. L'Esprit Saint nous donne de connaître le Christ Jésus, de vivre Jésus, d'être enfants du Père. |
Eucharistie (= action de grâces) : Jésus se reçoit, se donne : vie filiale, vie fraternelle, rend grâces en se donnant, en se livrant : unité qui réalise la communion.
"Être plongé dans la mort du Christ (baptême, Eucharistie), c'est être plongé dans le don qu'il fait de lui-même jusqu'au bout, de toujours à toujours. Sa victoire sur la mort est ce don de soi, à l'inverse de la victoire de la mort qui est refus du don."
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"A celui qui nous aime, Jésus Christ, qui a fait de nous le Royaume et les prêtres de Dieu son Père : à lui, gloire et puissance pour les siècles des siècles" (Apoc 1,6)
"Vous êtes une nation sainte, un sacerdoce royal" : sacerdoce des fidèles et sacerdoce ministériel intimement liés – en communion – même si il y a entre eux une différence essentielle. Prêtres et fidèles communient à la même Eucharistie, dans des rôles différents : -. Le prêtre : au service du Christ Prêtre, du Peuple de Dieu,
} ensemble
-. Le Peuple de Dieu : au service du monde } au service de Dieu
Il y a unité dans la différence, non séparation ni opposition.
Sacerdoce baptismal
Le sacerdoce ministériel et le sacerdoce baptismal ne sont pas en concurrence : ils s'appellent l'un l'autre, ils se complètent. "Le sacerdoce ministériel et le sacerdoce des fidèles participent de l'unique sacerdoce du Christ", "chacun selon son mode propre" (Lumen Gentium G. 10). Ils sont ordonnés l'un à l'autre.
(Un seul Corps, plusieurs membres) "Il n'y a qu'un peuple de Dieu choisi par lui : "un seul Seigneur, une seule Foi, un seul baptême' (Eph 4, 5). Commune est la dignité des membres du fait de leur régénération dans le Christ ; commune la grâce d'adoption filiale ; commune la vocation à la perfection ; il n'y a qu'un salut, une espérance, une charité indivisible. Il n'y a donc, dans le Christ et dans l'Eglise, aucune inégalité qui viendrait de la race ou de la nation, de la condition sociale ou du sexe, car 'il n'y a ni Juif, ni Grec, il n'y a ni esclave ni homme livre, il n'y a ni homme ni femme, vous n'êtes tous qu' "UN" dans le Christ Jésus' (Gal 3, 28)". LG 32
"quant à la dignité et à l'activité commune à tous les fidèles dans l'édification du Corps du Christ, il règne entre tous une véritable égalité" LG 32 (Le prêtre n'est pas supérieur au laïc !)
Les laïcs "exercent pour leur part, dans l'Eglise et dans le monde, la mission qui est celle de tout le peuple chrétien." LG 31
"Les laïcs consacrent à Dieu le monde lui-même, rendant partout à Dieu dans la sainteté de leur vie un culte d'adoration. (toutes leurs activités) rejoignent dans la célébration eucharistique l'oblation du Corps du Seigneur pour être offertes en toute piété au Père." LG 34
Sacerdoce ministériel
Le Christ Jésus est le prêtre unique – tous les chrétiens sont prêtres – raison pour laquelle l'Eglise a besoin de "prêtres" (ministériels). Sacerdoce ministériel est à la fois un service, une mission, un appel.
Au nom du Christ- Tête l'évêque et le prêtre ont pour mission :
1. d'enseigner la Parole
2. de transmettre la Vie de Dieu – sanctifier – spécialement par les Sacrements
3. de rassembler le Peuple de Dieu au nom du Christ – Pasteur.
"Au milieu de tous les baptisés, les prêtres sont des frères parmi leurs frères, membres de l'unique corps du Christ dont la construction a été confiée à tous. [ . .] Les prêtres ont à reconnaître sincèrement et à faire progresser la dignité des laïcs et leur rôle propre dans la mission de l'Eglise" (Presbyterorum Ordinis n°9).
Le prêtre est 'configuré' au Christ-Prêtre dans sa mission sacerdotale. Cela l'engage à une adhésion totale et cordiale au don, à la mission qui lui sont faits. Le sacerdoce ministériel est participation à une vie 'avant' d'être une fonction.
"Dans la communauté qui lui est confiée, le prêtre a la charge de rendre le Christ présent" (Jean-Luc Ragonneau). "Ceci est mon corps, ceci est mon sang" ; "je te pardonne tous tes péchés" ; je te baptise", . . . .
"Par leur manière d'accueillir le don divin (de l'Amour du Christ à travers l'Eucharistie), les prêtres portent la responsabilité de l'efficacité de l'Eucharistie dans le monde" (cf.Congregatio pro clericis, 2003).
Sans prêtres, il n'y a pas de visibilité du Christ prêtre ; il n'y a pas d'Eucharistie ! La grandeur du prêtre, c'est d'être consacré au service du Christ Prêtre, au service du Peuple chrétien, au service des hommes, au service du Corps du Christ. Le Sacerdoce, c'est l'amour du cœur de Jésus, avait coutume de dire le Saint Curé d'Ars. (Benoît XVI).
L'Eucharistie
La célébration de l'Eucharistie est le lieu premier de l'Eglise ; car celle-ci est d'abord, et fondamentalement, dans son étymologie même comme dans sa réalité historique, la "convocation", le rassemblement à l'appel de Dieu : Tu ne cesses de rassembler ton peuple, afin qu'il te présente, partout dans le monde, une offrande pure . . . Ici et plus bas citations de DALOZ Lucien, Le pain de la vie et la coupe du salut (25) Chaque fois que nous nous réunissons pour le rassemblement eucharistique, nous annonçons le rassemblement que Dieu veut réaliser par la réconciliation de tous les hommes, dans une alliance toujours nouvelle, et déjà nous le préfigurons. (23)L'Eucharistie fait éclater nos communautés, et chacune de nos vies, vers la longue histoire de toutes les communautés qui nous ont précédés, et vers la géographie de tous les rassemblements de l'Eglise dispersée, où l'on fait le même mémorial, où l'on proclame le même Credo, où l'on prie la même prière du Seigneur. Elle ouvre nos communautés vers l'avenir, réveillant l'espérance du rassemblement final autour du Ressuscité.
Elle nous ouvre les uns aux autres, dans une unité profonde, que le geste de paix ne peut que balbutier ! Elle conteste nos enfermements et nos oppositions. La messe [. . . ] est un moment fondateur pour l'Eglise locale. Elle remet celle-ci dans l'Eglise universelle. Elle situe sans cesse notre vocation personnelle dans la grande convocation qui lui donne sens. (26)
L'Eucharistie, lieu de mémoire et lieu d'annonce : mémoire de ce temps où le Fils de l'homme mangeait et buvait parmi les hommes, et de cette heure où il versa pour eux son sang ; annonce de la rencontre définitive, où la foi s'épanouira en lumière au festin du Royaume . . . (63)
Le corps que nous recevons et tout à la fois le corps livré et le corps ressuscité. [. . .] quand nous célébrons l'Eucharistie, nous ne disons pas : "Ceci est mon corps ressuscité", mais : mon corps livré, mon sang versé. Nous affirmons par là même que la mort n'a pas étouffé la puissance de l'amour, que le don que Jésus a fait de sa vie a fait passer ce corps livré dans la gloire de Dieu. (65)
Le repas auquel nous sommes invités est un repas de communion. C'est-à-dire de partage de vie. Il nous rend participants de l'offrande que le Christ fait de sa vie, pour que notre vie soit saisie dans la sienne, et devienne à son tour offrande avec la sienne. (102-103)
"Le Christ, Fils de Dieu, par sa venue dans le monde, par son sacrifice et sa résurrection, a redonné à l’homme un libre accès auprès de Dieu, Créateur et Père de tous. Au jour de son Ascension, il est devenu notre Grand Prêtre céleste, qui, avec le mémorial de son sacrifice, présente la louange et l’intercession de l’Eglise. Tous les chrétiens, dans la communion de tous les saints, prient avec le Christ et en lui. La liturgie de l’Eglise est une partie de la liturgie du Christ et des anges, qui présentent devant le Père les prières de tous les saints. Dans la liturgie, tout chrétien s’unit à l’offrande unique du Christ, qui a donné sa vie sur la terre, en louange et en sacrifice, et qui continue à intercéder pour tous les hommes, jusqu’à la fin du monde." (Taizé)
André Bouillot, s.j.
13.04.2010 |
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