Dans cette perspective, il n’y a plus de race, de taille, de tribu, d’ethnie ou de région. Ce qui compte c’est que chacun se reconnaît comme le bien-aimé de Dieu et reconnaît son prochain comme tel ! Les différences que présentent les gens dans leur physionomie deviennent source de joie, de consolation, de soutien, de confort et surtout de paix pour les uns des autres. Voilà que ce qui était source de division, de mésentente, de haine, de jalousie et de mépris devient source d’union et vrai chemin pour la réconciliation. Les gens n’ont plus peur de se retrouver ensemble, de s’asseoir sur une même natte pour dialoguer comme frères et sœurs partageant les mêmes valeurs, désirs et ayant une même fin.

Dans un tel environnement, il n’y a plus de soupçons entre les voisins, les gens se donnent la vie mutuellement, et par conséquent, ils deviennent tous co-créateurs de Dieu. Peut-il y avoir l’échec de l’évangélisation dans un tel milieu ou l’on célèbre réellement le don de la vie donnée à tout le monde ? Je pense que l’Evangile ne prendra racine et ne portera de bon fruits dans les cœurs du peuple Africain que quand ils auront incarné dans leur être l’impératif de reconnaître que ce qui les unit est plus fort que ce qui les divise. Ce n’est qu’à ce moment là o ὺ certains de nos pays africains déchirés par les guerres, les violences, les injustices et les conflits ethniques pourront éventuellement se mettre sur la route en recherche d’une réconciliation, d’une unité et d’une paix qui trouve son fondement en Dieu, qui sans cesse veut que nous devenions ses enfants bien-aimés.

Ainsi, nous pourrons mettre en pratique ce que la Bonne Nouvelle de Jésus Christ nous apprend, « aimez-vous les uns les autres et c’est en cela que les autres connaîtront que vous êtes mes disciples » (Jean 13, 34- 35).

Soyons donc prêts à célébrer nos différences, tout en reconnaissant que toute autre richesse que nous pourrions avoir proviendra du fait que nous sommes différents. J’imagine qu’un monde o ὺ tous les gens se ressembleraient, auraient les mêmes moyens et capacités apporterait peu à ces bénéficiaires. Profitons de nos différences pour bâtir un monde meilleur, une Afrique réconciliée et unie, qui sera un continent où règne la paix.

Jean de Dieu TWAHIRWA, sj.